En novembre dernier, et concernant Madagascar, le Fonds monétaire international a indiqué que son Conseil d’administration a été informé de l’approbation par la Directrice générale d’un programme de référence de six mois, portant sur la période allant jusqu’à fin mars 2016.
Ce programme a pour but de guider la mise en œuvre des politiques, de renforcer les capacités locales, et d’établir des antécédents plus solides. La démonstration d’une capacité soutenue de réformes est une condition préalable à une demande future d’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).
Dans ce contexte, les mêmes informations du Fonds monétaire international indiquent que, pour faire face à ces problèmes urgents de balance des paiements, les autorités malgaches demandent un deuxième décaissement au titre de la Facilité de Crédit Rapide (FCR), ainsi qu’un programme de référence. La balance des paiements est déficitaire et le niveau des réserves internationales est bas. Le décaissement demandé au titre de la FCR aidera à combler ce déficit et stimulera l’aide des bailleurs, dont le pays a cruellement besoin, en 2015 et 2016. À défaut, les déficits de la balance des paiements et du budget risquent d’avoir des effets très néfastes sur la stabilité extérieure et intérieure. La demande du gouvernement malgache fait suite à un premier décaissement au titre de la FCR, en juin 2014. Mais les résultats obtenus, assez éloignés des objectifs ambitieux fixés au départ, en 2014, mettent en évidence des problèmes profondément enracinés que doit résoudre un pays fragile tel que Madagascar. Néanmoins, le bilan des mesures économiques appliquées ces six derniers mois montre qu’elles ont permis de préserver la stabilité et la viabilité… et c’est là-dessus que s’appuie la demande d’un nouveau décaissement au titre de la FCR. Toutefois, au vu des résultats de 2014 et 2015, les autorités malgaches n’ont pas encore suffisamment démontré qu’elles pouvaient vraiment renforcer les politiques économiques et trouver des financements suffisants. Or c’est un préalable pour réussir la mise en œuvre du programme économique à moyen terme, qui pourrait quant à lui être appuyé par un accord au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Le programme de référence, qui s’étale de septembre 2015 à fin mars 2016, doit guider la mise en œuvre de la politique économique, renforcer les capacités de mise en œuvre de cette politique et permettre d’obtenir un bilan plus satisfaisant. La FCR et le programme de référence devraient avoir un effet catalyseur sur l’assistance financière bilatérale et multilatérale en 2015 et 2016.L’association du programme de référence et du décaissement au titre de la FCR devrait aussi catalyser l’aide financière extérieure en 2015 et 2016.
La FCR permet d’apporter une aide financière immédiate assortie d’une conditionnalité limitée aux pays à faible revenu qui se heurtent à un problème immédiat de balance des paiements. Dans ce contexte, les politiques économiques menées par un pays membre bénéficiant d’un financement au titre de la FCR sont censées remédier aux difficultés sous-jacentes de balance des paiements et concourir à la réalisation des objectifs poursuivis par les pouvoirs publics, notamment la stabilité macroéconomique et la réduction de la pauvreté. Les financements au titre de la FCR sont assortis d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans et demi et d’une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.
En attendant d’y voir un peu plus clair, ci-dessous, des extraits des vues exprimées par Patrick Imam, Représentant Résident du FMI et qui ne reflètent pas nécessairement celles du Conseil d’administration du FMI.
FAIT 1: REDRESSEMENT PLUS LENT QUE PRÉVU
Performance globale plus faible qu’initialement prévu en raison de nombreux défis: Instabilité politique ; Faiblesse des institutions ; Mauvaise gouvernance ; Catastrophes naturelles récurrentes ; et Taux de croissance potentiel projeté aux environs de 4.5% par an (voir tableau)
FAIT 2: GOUVERNANCE ET CORRUPTION CONSTITUENT DES PROBLÈMES CRITIQUES
La politique est dominée par la recherche de rente
La situation politique est instable et n’est pas propice au développement (différentes tentatives d’empêchement)
L’engagement pour combattre la corruption est remis en cause par le public en général
STRATÉGIE DU 2EME FCR ET DU “PROGRAMME DE RÉFERENCE” (SEPT 2015 – MARS 2016)
Objectifs de recettes
Amélioration de la composition et de la qualité des dépenses fiscales
Elimination totale des subventions pétrolières
Renforcement de l’indépendance de la Banque Centrale
Maintien du taux de change flexible à la suite de l’unification du taux de change officiel
PERSPECTIVES
Mars 2016 : Mission de revue du “Programme de Référence” sur la base des réalisations du mois de Décembre 2015
May/Juin 2016 : Mission de revue du “Programme de Référence” sur la base des réalisations du mois de Mars 2016. Si tout se déroule bien, début de discussion sur un programme à moyen terme nommé FEC (Facilité Elargie de Crédit)
Septembre ou Octobre 2016 : Mission de consultations au titre de l’Article IV avec pour objectifs de passage au niveau du Conseil d’Administration au mois de Novembre ou Décembre 2016 ;
Aussi, est-il loisible d’avancer que le pays reste dans l’expectative.