Cette information circule sans qu’aucune autorité ne l’infirme ou le confirme. Quoi qu’il en soit, la compagnie aérienne nationale continue à battre de l’aile et ce, malgré la nomination du Canadien Gilles Filiatreault comme directeur général. Rappelons que la Jirama, l’autre société mise sous perfusion permanente par l’Etat, a déjà fait cette expérience sous le régime Ravalomanana. Elle ne s’en est pas portée mieux. Les deux expatriés (Bernhard Rohman et Walter Espinoza) à la tête de la Jirama à l’époque, payés avec un salaire supérieur à celui du président de la république française, ont rançonné les dépenses dont celles pour le carburant et l’entretien. Ils ont pu donc dégager des résultats financiers positifs mais la qualité de service était nulle : le pays a dû faire face aux délestages massifs en 2004-2005 et ce problème a coûté au pays près de 2% de son PIB d’après les estimations du FMI. Air Madagascar n’évolue probablement pas sur le même schéma grâce aux expériences de son DG dans le secteur aérien. N’empêche, sa situation semble ne pas s’améliorer.

Même si cette année, il est question de faire baisser de 3 milliards Ar les subventions allouées à la compagnie, rappelons que l’Etat actionnaire majoritaire a déjà procédé à une augmentation de capital en 2015 et pour 2016 aussi. En fait, cette augmentation devrait se faire de manière progressive. Mais elle se présente finalement comme une subvention allouée par l’Etat pour tenir la tête de la compagnie hors de l’eau. Devant la situation actuelle, l’opinion se pose des questions : l’Etat actionnaire majoritaire fait-il tout pour couler la compagnie et la revendre à un prix symbolique ou manque-t-il tout simplement de volonté pour la redresser ? Des sources concordantes avancent, en effet, que l’un des candidats au poste de DG de la compagnie est très intéressant. Ce candidat a réussi à redresser en moins d’un an une compagnie africaine et c’était à coup de sacrifices et de bonne gestion. Mais l’Etat l’a rejeté pour choisir Filiatreault. Il a fait de même avec la Jirama et le pays n’en finit pas avec la crise énergétique. Il faut rappeler qu’avant Rohman et Espinoza, la direction générale de la Jirama a été confiée par le régime Ravalomanana à un Canadien. Ce dernier a été vite fait renvoyé pour avoir eu la volonté d’opérer un redressement musclé mais efficace de la Jirama.

Voilà pourquoi on est tenté de soupçonner l’Etat de manquer de volonté pour redresser ses entreprises. Et au lieu de produire des dividendes, celles-ci vivent éternellement au crochet de l’Etat, spoliant par la même occasion les contribuables. A travers leurs obligations fiscales, ces derniers paient en effet les subventions accordées à ces entreprises. Par la même occasion, ils sont privés d’importants budgets qui devraient être alloués au financement de la croissance et du développement.

Fanjanarivo