Mamy Rakotoarivelo: De l’amertume surtout...

En démissionnant du parti Tim dont il était le secrétaire général, Mamy Rakotoarivelo a déversé abondamment sa bile sur Marc Ravalomanana. Il a, notamment, traité ce dernier d’ingrat et d’égoïste, se plaignant d’avoir été mis sur la touche malgré les bons et loyaux services qu’il a rendus sous la Transition.

En fait, l’amertume de Mamy Rakotoarivelo tient surtout au fait suivant : alors qu’il pensait être le candidat incontournable du Tim, il a été écarté au profit de « seconds couteaux » aux dernières élections. Ainsi, aux élections municipales d’août dernier, il s’est considéré comme étant le candidat naturel du Tim à Tana-Ville, pour avoir déjà été ministre de la Communication puis député de Tana-Ville pendant plusieurs années. On sait que Marc Ravalomanana lui préféra son épouse, Lalao…

Aux élections sénatoriales de décembre dernier également, Mamy Rakotoarivelo espérait être désigné tête de liste du Tim dans la province d’Antananarivo. Mais le rang fut remis à Olga Ramalason, ex-maire d’Antsirabe et ex-ministre du Commerce. Le second de la liste d’ailleurs fut Hasina Andriamadison, avocat de Tiko et de la famille Ravalomanana, Mamy Rakotoarivelo ayant été exclu de la course. Pourtant, s’il avait été désigné tête de liste, le secrétaire général de Tiko aurait été élu sénateur, à la place d’Olga Ramalason.

Voilà, donc, le motif de l’aigreur de Mamy Rakotoarivelo. Car ayant été au premier plan pendant toute la Transition comme chef de la mouvance Ravalomanana et président du Congrès de la Transition, le voilà privé de poste officiel. Le voilà surtout relégué dans l’anonymat et l’obscurité. Homme pénétré de sa propre importance, Mamy Rakotoarivelo ne peut que vivre difficilement une telle situation. Raison pour laquelle il a pris le large, escomptant un meilleur traitement ailleurs. Rappelons que lors du retour inopiné (et illicite) de Marc Ravalomanana au pays le 13 octobre 2014, tous les barons de la mouvance Ravalomanana furent invités à s’exprimer au micro au domicile de Faravohitra. Mamy Rakotoarivelo s’est alors singularisé en utilisant le français devant un auditoire intégralement malgache. A-t-il fait mauvaise impression devant le maître de céans qui d’ailleurs se défend plutôt mal dans la langue de Molière (surtout après cinq années d’anglais en Afrique du Sud) ? Il reste qu’en privilégiant le français, Mamy Rakotoarivelo a surtout mis en exergue son statut de binational et donc son appartenance à la nationalité française. De quoi déplaire aussi au maître de maison qui a la réputation d’être un francophobe…

En tout cas, la disgrâce de Mamy Rakotoarivelo date de ce premier jour, car depuis, on ne le verra plus graviter autour de Marc Ravalomanana.

Comments are now closed for this entry