La Gazette de la grande ile

Hit-parade de la mauvaise foi : Les fraudes bancaires de devises

Publié le 15 juin 2020

La décade de 2010 à 2020 a été la période faste pour le Consortium International des Journalistes d’Investigation à l’origine des grandes révélations et des Paradise Papers. Si le monde entier a pu prendre connaissance des grandes infractions financières sur le trafic de devises, blanchiment d’argent, le noircissement d’argent, corruption, délit d’initié et détournement de fonds commis à travers le monde par des dirigeants étatiques et des hommes d’affaires fameux, c’est grâce à cette branche internationale du Center for Public Integrity (CPI). En clair avec des journalistes du monde entier qui travaillent ensemble et collaborent sans rivalité et » «sans guerre d’ego» pour dénoncer les évasions fiscales, les crimes transfrontaliers et la corruption. Les révélations fracassantes qui avaient coûté très cher en espèces sonnantes des organisations aux activités douteuses et même brisé la force de blocage complice du secret bancaire.

Les géants bancaires des paradis fiscaux dans le cadre du système occulte de la finance se sont cassés les dents face aux grands médias du monde qui relayaient les découvertes de l’ICIJI comme la BBC, le New York Times et Le Monde publiées dans des douzaines de langues. Compte tenu du succès mondial des Panama Papers, la tentation de participer en tant que facilitateur d’enquête est trop grande lorsqu’à Madagascar, nous sommes tout le temps confrontés à des anecdotes, des activités accablantes sur des pratiques financières grâce auxquelles des décideurs et des responsables font exactement le contraire de ce que nos lois prescrivaient pour exercer leurs fonctions face à des investisseurs et des hommes d’affaires aux tendances visiblement corruptrices. Pour satisfaire les maisons-mères de puissants groupes financiers, les intérêts supérieurs de la nation passent en arrière-plan et souvent même sont réduits à des prestations fiscales risibles symboliques pendant que les masses des profits faramineuses franchissent «les frontières sans se faire pincer » pour atterrir dans des compte discrets dans les Bahamas, les Bermudes, Guernesey, Hong Kong, l’île de Man, les îles Caïman, les îles Vierges britanniques, Jersey et le Panama. Les institutions bancaires locales souvent sont partie prenante en servant de relais par la magie de l’informatique et du Net. Pour ceux qui ne croient à ces insinuations que le secret bancaire encore près puissant sur tout le territoire de la République protège, il suffit de vérifier à quoi riment ces demandes de Total MADAGASCAR (TOTAL OUTREMER «d’achat anticipé de devises pour paiement de dividende 2019 de l’ordre de 50.050.000.000 d’Ariary» ? Qui peut nous expliquer aussi cette autre demande de STAR(BAUMONT INDUSTRIES ET CONSORTS) à propos d’une demande «d’autorisation préalable d’achats immédiats de devises en vue de règlement de dividendes d’un montant global de 8.400.000.000 d’Ariary ? » La société VITOGAZ (ECCLESTON Co LTD Maurice) demande pour «l’achat anticipé de devises pour paiement de dividende 2019 un montant de 17.797.500.000 d’Ariary ». Pour clore la liste : la BMOI c’est «une demande d’autorisation d’exportation et d’importation de devises en espèces» qui, pour l’expédition de devises en numéraire est détaillée comme suit : 3.900 CD - 8.700 CHF- 40.955 JPY- 33.688 USD – 9.280 EUR auxquelles s’ajoute 15.000 EUR plus 100.000 USD. Le simple donneur d’alerte que nous sommes se pose toujours la question de savoir les bases réelles de ces opérations qui se faisaient avec aplomb parce que rien n’indique qu’elles puissent être mal vues. Alors qu’ailleurs les enquêtes et poursuites ces pratiques douteuses après investigation et sanction «ont généré près de 120 millions d’euros de redressement, en droits et pénalités. » Notre source nous confirme que « la France, elle arrive en troisième position avec 136 millions de dollars recouverts. » Et nous alors ? Que ceux qui croient que ces prestigieux groupes d’opérateurs qui prospèrent ne méritent pas que Bianco s’en mêle se manifestent ?

N. Razafilahy

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