Publié le 25 août 2021
Malgré l’appui des partenaires, ce qui arrive dans le sud actuellement est loin de s’améliorer. « La saison de la famine arrive », affirme Issa Sanogo, coordonateur résident des Nations Unies à Madagascar sur son blog la semaine dernière. Une affirmation qui ne présage rien de bon pour le Sud. « Il y a un problème avec les récoltes annuelles qui vont probablement se transformer à nouveau en crise lors de la prochaine saison agricole […] Nous risquons de voir ces personnes, qui ont enduré un épisode de sécheresse prolongée, entrer dans la période de soudure sans avoir ni les moyens de se nourrir, ni l’argent pour payer des services de santé, envoyer leurs enfants à l’école, accéder à l’eau potable, ou se procurer des semences pour la prochaine saison agricole », a-t-il indiqué en mettant l’accent sur la nécessité d’agir face à la situation. Dans son blog, Issa Sanogo explique en effet que « Les donateurs ont été généreux. Seulement, la sécheresse s’est prolongée au-delà de ce à quoi nous nous attendions [et] les fonds reçus sont insuffisants pour couvrir les besoins actuels et futurs ». L’on sait que plus de 40 millions de dollars ont été fournis par les donateurs depuis le début de l’année dans le cadre de l’Appel Eclair pour le Sud, sauf qu’à la fin du mois de mai cet appel n’a été financé qu’à hauteur de 53%. Une situation qui n’a pas laissé le système des Nations Unies indifférent. Depuis quelques mois, les responsables auprès de l’organisme n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la situation, notamment le manque de fonds qui limiterait les actions humanitaires dans le Sud. Actuellement, bon nombre de victimes de la famine sont déjà délaissées. « Lorsque nous sommes arrivés dans le village de Marovato, qui est situé à seulement huit kilomètres d’Ambovombe, nous avons pu constater que ces personnes n’avaient été ciblées par aucune intervention, car elles sont considérées comme faisant partie de la population urbaine et ne répondent donc pas aux critères de ciblage », raconte le coordonateur résident des Nations Unies à Madagascar. Or, ces communautés ont également été frappées par la tempête de sable, ne peuvent rien produire et sont donc en situation d’urgence nutritionnelle.
Recueillis par Annie