Publié le 29 septembre 2021
La Direction Générale du Contrôle Financier a lancé un avis de concours publics le 16 août dernier. Le concours, visant le recrutement de vingt agents contractuels EFA du cadre échelle A.3, concerne les six chefs-lieux de Faritany, dont Antananarivo, Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina et Toliara. Si la date et les matières du concours ont été mentionnées, les responsables ont fait exprès d’être vague sur le deadline du dernier dépôt de candidature. En effet, ils ont juste mentionné que les dossiers doivent être déposés au siège de la Direction Générale du Contrôle Financier avant le 24 septembre 2021, sans indiquer l’heure ni préciser si les dossiers peuvent encore être reçus le 24 septembre.
Le 23 septembre à 16h, tous les candidats qui allaient déposer leur dossier ont été refusés. Ils ont été renvoyés par un certain Rakotoarimanitra Germain, leur indiquant précisément que « nous ne pouvons plus recevoir ces dossiers et d’ailleurs si je les retiens, il n’y a aucune chance qu’ils parviennent à destination. En plus, le quota de 1.500 candidats est rempli ». Or, un avis de concours public est ouvert à un nombre illimité de candidats. De plus, aucune limite du nombre de candidatures à recevoir n’a été communiquée sur l’avis. Pour justifier le manque d’information sur l’avis de concours public publié dans les six provinces mentionnées en haut, ce Germain a utilisé un affichage qu’ils ont placé au bureau de la Direction Générale du Contrôle Financier à Faravohitra le lundi 20 septembre 2021, soit trois jours avant la date limite de dépôt de dossiers. Un affichage contenant des informations indispensables pour les candidats que la Direction Générale du Contrôle Financier a fait exprès de ne rien afficher qu’au dernier moment. Ce qui signifie que seuls les candidats proches des employés de cette direction étaient au courant de ces informations. Il a été mentionné entre autres la date et l’heure précise de la fin de dépôt de candidature.
Ce Germain Rakotoarimanitra a également mentionné que le « quota » était rempli. Qui a donc le pouvoir d’avoir des quotas pour favoriser des candidats à un concours public ? D’ailleurs, si la majorité des candidats n’ont réussi à fournir tous les dossiers nécessaires qu’au dernier moment, c’est à cause de la lenteur administrative qui règne à Madagascar. Il leur a fallu plusieurs semaines avant de recevoir les équivalences au sein de la Fonction Publique. Plusieurs papiers ont dû être récupérés en province.
Tous ces pièges et ces stratégies de manipulation cachent un népotisme de haut niveau. En effet, la majorité des candidats qui ont réussi à déposer leur dossier pour ce concours sont des proches ou des connaissances des employés de la Direction Générale du Contrôle Financier. A Madagascar, les avis de concours publics ne sont que la formalité à suivre pour débloquer les fonds pour les postes budgétaires. Plus de 75% des postes sont déjà prise par des proches ou des quotas des fonctionnaires haut-placés. Ceux qui font les concours se battent pour 25% de places restantes. Notons que plus d’une soixantaine de candidats ont été victimes de cette rétention volontaire d’information. Ils ont déposé une plainte collective auprès du BIANCO, mais n’espèrent rien de cette institution inefficace.
Recueillis par T. B