Publié le 30 octobre 2021
Donnez les moyens à un migrant fuyant le kere, il ne va pas les dilapider en allant acheter une télé, un Smartphone ou des jouets pour ses enfants. Il va plutôt courir pour essayer d’abord de trouver à boire et à manger pour sa famille.
De même, pour un pays dont le taux d’extrême pauvreté atteint plus de 70% de la population (source AFD), priorité aux besoins physiologiques de base, conformément à la fameuse pyramide de Maslow. Mais ce gouvernement qui vient de recevoir plus de 400 millions de dollars aura-t-il cette sagesse et l’humilité de s’attaquer aux vrais problèmes même si de telles actions paraissent souvent invisibles et ne permettent pas au président de s’en glorifier immédiatement ?
Parmi ces actions prioritaires figure l’instauration d’un Etat de droit, nul ne devant être au-dessus de la Loi. Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet du président du Gabon vient d’être condamné hier à 5 ans de prison ferme pour obtention d’un certificat de nationalité sur la base d’une fausse déclaration. L’exemple vient d’en haut, et les sanctions éventuelles ne doivent pas se limiter au limogeage.
Un général, ancien responsable d’une agence rattachée au ministère des transports, est venu récupérer son fils à l’hôtel où il devait observer la quarantaine. Apparemment aucune sanction jusqu’ici ! Mais peut-on poursuivre les intéressés, lorsqu’on a vu à la télé le ministre étrange des affaires recevoir un ambassadeur à son bureau le lendemain de son arrivée, sans avoir respecté une quarantaine ?
Que dire de l’absence de sanction, même pas un limogeage du secrétaire général d’un ministère dont le préfet a dû saisir des armes lui appartenant après avoir tiré des coups de feu ?
Que dire d’une ex-directrice de la communication de la Présidence impliquée directement par l’Inspection Générale de l’Etat dans l’affaire SMMC sanctionnée par une promotion à l’ambassade de Paris ?
Tant que des mesures fermes n’auront pas été prises contre les responsables de ces « indélicatesses » graves, le sentiment de « deux poids, deux mesures » persistera et la volonté du gouvernement de lutter efficacement contre la corruption ne sera pas crédible.
Cela ne partira pas aux oubliettes, comme la surfacturation énorme lors de l’achat pendant la Transition au gouvernement Belge par Rajoelina de 4 hélicoptères par l’intermédiaire de l’homme d’affaires David Verly et Patrick Leloup (https://blogs.mediapart.fr/philippe-divay/blog/070113/une-enquete-de-tananews-passee-sous-silence-et-qui-ressort-par-un-ra?fbclid=IwAR0JsJbbMjak_GH1kbuiQ_sNW_ajxdVEXpdARYyHzZqHn0BFEQT-pByt7y8).
En tout cas, les objets volants ne semblent pas porter chance au président Rajoelina. Après ces hélicoptères, il y a eu l’acquisition des 2 Airbus A340 qui ont fini par couler Airmad. Ensuite, il y a eu l’affaire de l’avion de transport militaire Casa saisi en Afrique du sud. Malgré cela, il semble vouloir persister à louer en ACMI un B787 et un Embraer 190 qui vont plutôt plomber Madagascar Airlines avant même son envol.
Selon un communiqué de l’ambassade de France, tous les vols Air France sont pleins jusqu’en janvier. Airmad essaie péniblement de remplir ces 787 avec un prix de 1035€ aller et retour, alors que les prix affichés par les autres compagnies comme Air Mauritius ou Air Austral dépassent les 1500€ pour la même période (Merci, Madagascar Airlines !). En tout cas, avec les problèmes de visa, le remplissage des vols retour Tana/Paris semble compromis et cette opération n’arrangera pas la situation financière de la compagnie, bien au contraire. Mais puisqu’on vient de recevoir 400 millions de dollars, allons-y gaiement !
Mardi dernier, la fouille de 2 jets privés appartenant à une personnalité proche du président n’a pu être réalisée sans l’intervention sur place du chef de l’Emmoreg. Cela prouve que les mentalités changent petit à petit et qu’on accepte enfin de moins en moins les passe-droits. Mais là aussi, les avions ont pu repartir et aucune sanction apparemment !
Le gouvernement devrait donner un signal fort en sanctionnant même les puissants.
Par ailleurs, le président a fait serment de respecter la Constitution. Celle-ci prévoit l’élection de chefs de région, et au lieu de cela, des gouverneurs ont été nommés. Il a été expliqué que ce n’est qu’un simple changement de dénomination. Cependant, le Président a déclaré vouloir bientôt noter les gouverneurs et changer ceux qui ne seront pas bien notés. Ils seraient donc responsables devant lui, alors qu’un chef de région l’est plutôt devant ses électeurs et c’est une différence fondamentale. Que 2 ans après son installation, il n’ait pas encore pu organiser ces élections, n’est-ce pas un non-respect flagrant de la Constitution ? Pourra-t-il au moins se rattraper avant la fin de son mandat ?
Vous nous direz que même la HCC s’est permise de changer un de ses propres arrêtés déjà publiés sur son site !
Attention ! Selon un proverbe turc, le poisson pourrit par la tête.
La Gazette