La Gazette de la grande ile

Andry Rajoelina : Un Président en éternelle campagne

Publié le 02 novembre 2021

Chaque fois que l’on entend le Président de la République, il dit “je ferai telle chose”, “je vais faire telle chose”, “je vais voir le prix de la vanille”, “nous allons faire telle chose”, “nous avons fait ce qui n’a pas été fait en 60 ans”. Il parle au futur pour des projets sur lesquels il prétendait lors de la campagne présidentielle que l’argent pour financer tout cela est déjà là, il fait des poses de première pierre dont certaines pierres ont déjà été enlevées à l’exemple de l’usine d’éthanol, il inaugure des infrastructures dont les projets remontent au mandat précédent comme la rocade financée par la France et l’Union européenne. Le Président de la République démontre clairement qu’en réalité, toutes les promesses électorales n’étaient que du vent, que les spectacles durent le temps de son passage, mais qu’après la manne financière est loin d’être prête. Notre journal a, depuis longtemps, pointé du doigt le bling bling ; notre journal a depuis longtemps interpellé sur ces déplacements qui coûtent cher, ces poses de première pierre pour le spectacle, ces inaugurations qui n’ont pas besoin de la présence du Président de la République “et sa cour”. Le Président de la République ne gouverne pas, mais est en éternelle campagne alors qu’il a dépassé la moitié de son mandat. Il est occupé à réagir avec des mouvements d’humeur au moindre mouvement de l’opposition, laquelle est dans son rôle. Le Président, dans ses prises de parole, lance des piques à l’opposition ou à ceux qui critiquent en disant “répondons aux critiques par le travail” sauf que non seulement ce genre de choses n’est pas à dire mais à faire. De plus, le fameux travail est souvent limité à des inaugurations d’infrastructures qui ne nécessitent pas le déplacement du chef d’Etat ou à des poses de première pierre. Dans son éternelle campagne, le Président est souvent accompagné de la ministre de la communication or, s’il y a quelqu’un qui donne une bien piètre image de ce régime, c’est elle, et même bon nombre de ses collègues du gouvernement le disent, ainsi que des fonctionnaires à la veille de la retraite au ministère de la communication. Il y a des choix du Président qui laissent entendre que peut-être il n’a pas le choix ou qui donnent une idée de ses erreurs de choix. C’est pour ces choix sûrement que le Président de la République en est réduit à être en éternelle campagne et ne gouverne pas.

La Gazette

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