La Gazette de la grande ile

Code Minier bloqué : biens publics et intérêts privés

Publié le 15 janvier 2022

Les décideurs étatiques comme les professionnels du secteur minier pourront tous dire ce qu’ils veulent faire croire au public. Jusqu’à présent le projet de mettre en chantier un nouveau Code Minier patine et traîne. Mais que se passe-t-il donc dans ce milieu où tout semble si compliqué dès qu’il s’agit de règlementer la profession en général et les détails des règles et obligations pour les exploitants par rapport à l’administration ? La seule explication qui s’impose est la suite : les enjeux sont trop importants. Quelque part donc, on préfère faire traîner les choses, le temps de trouver quels décideurs influencer en coulisse ?

Le projet actuel étudié et attendu par toutes les parties prenantes comme tous les textes de lois destinés à contrôler tel ou tel secteur de la vie nationale fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de ceux qui ont intérêt à ce qu’ils puissent y trouver le maximum de profits à partir des opérations envisagées. Simples particuliers ou grosses entreprises à dimensions internationales, chacun cherche à tout prix à faire peser sur les options des concepteurs, des commissions et des rédacteurs finaux, tout le poids de leur influence très intéressée dans un but unique. Ne soyons pas naïfs, toutes ces nouvelles lois qui sont promulguées pour être applicables sont passées par ce tamis. La Loi n°2005-022 concernait surtout des modifications de certaines dispositions de la loi n°2001-031 du 8 octobre 2002 établissant un régime spécial pour les grands investissements dans le secteur minier malagasy. En clair, elles portent l’empreinte de celui qui régnait en maître sur toute l’île depuis 2002. Les avantages des groupes des « grands investissements » comme RIO TINTO et des partenaires amis pour des profits partagés excluent ou minimisent les revenus de l’Etat. C’était le temps des TIKO-boys de Marc Ravalomanana et l’exploitation scandaleuse de nos richesses minières exportées vers les raffineries de l’or de Dubaï surtout et les centres asiatiques de transformations des pierres précieuses. Qui se souvient encore de l’affaire d’émeraude de Jeannot LE QUARTZ, qu’on a tenté de pirater sans succès ?

La finalisation du dossier attendra, tant que le groupe très influent n’est pas sûr de tirer le gros lot avec ses intérêts garantis. Tant pis pour le secteur minier et le pays qui encaissent les pertes sèches. Le commerce illicite du marché noir prospère. Les bruits de couloirs se passent déjà les noms des grosses légumes. Ils attendent que les décisions finales légalisées sortent en faveur de leurs entreprises. Les secrets des coulisses sont difficiles à garder. Le public n’en saura rien que seulement le jour où à cause d’un scandale retentissant avec un parfum de corruption, des grands noms paraîtront à la Une des journaux. La populace savait tout déjà, mais n’en croyait pas ses oreilles

Noël Razafilahy

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