La Gazette de la grande ile

Edito : Quelle maladresse politique !

Publié le 10 mars 2022

Très tard dans la nuit, alors que les rédactions s’attendaient toutes à apprendre le remaniement tant attendu du gouvernement tout entier, voilà que la montagne accouche d’une souris. Une communication pure et simple de la Présidence avise le public qu’en haut lieu, prochainement il sera procédé à une énième retouche du Gouvernement. Il y aura d’abord « une évaluation » des performances des ministres au sein du gouvernement, puis des décisions à prendre en fonction des résultats. Le communiqué précise clairement qu’il sera question « de changer quelques ministres ». Ce type de mode opératoire en matière de remaniement est un signe révélateur d’un manque de savoir-faire indéniable. Parce qu’en remerciant d’ores et déjà tous les ministres au sein du gouvernement, il n’a pas pensé un seul instant que ce faisant, il donne le feu vert aux mauvaises intentions de quelques ministres qui, se sachant désormais inutiles en faisant partie des personnes à mettre dehors, ces spécialistes de la mauvaise gestion des deniers publics, vont sûrement racler les fonds des tiroirs. C’est comme s’ils avaient reçu le feu vert pour mettre de l’ordre dans leurs combines financières et terminer les détournements qu’ils n’ont pas pu finaliser. Ce sera donc dans les ministères, le sauve-qui-peut, sans oublier de procéder à un «lissage» des pièces justificatives et des documents fictifs qui risquent de les gêner lors des passations de service. Il est évident que ces mauvais serviteurs de l’Etat ne vont point se gêner de s’assurer une porte de sortie sans encombres, alors que durant tout le temps passé dans leur département, comme le précise le communiqué, il y avait des « lesoka » (défaillances). Euphémisme qui cache mal les évidences des prestations malsaines de ces personnalités qui ont profité de l’autorité de l’éminent dirigeant coincé dans sa tour d’ivoire, pour participer à des combines mafieuses et favoriser les trafics en tous genres, les octrois des marchés sans concurrence à des prestataires parents ou copains. La nuit d’hier sera longue pour ces complices des opérateurs bénéficiant des travaux qui n’ont pas été exécutés alors que les factures y afférentes portent toutes le cachet « VU BON A PAYER ». Quelque part, on se frotte sûrement les mains, parce que des ministres spécialistes des combines mafieuses sont sûrs de berner leurs successeurs assez naïfs pour recevoir des consignes pour la bonne continuation des mauvaises pratiques administratives. Les nouveaux venus seront alléchés par les promesses pour plonger dans les tentations des arrangements obscurs avec l’espoir malsain de continuer les usages illégales sur recommandation de leurs prédécesseurs, et tout sera comme avant. C’est une faute grave que d’avoir donné à des malfaiteurs rompus aux pratiques mafieuses des prérogatives étatiques, que d’avoir donné à Tinoka Roberto, à Joel Randriamandranto, Rija Hasimbelo Rabarinirinarison, Ranampy Gisèle, Edgard Razafindravahy, le temps de préparer un décrochage le doigt dans le nez. Et c’est tant pis pour l’Etat.

Noel Razafilahy

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