Publié le 03 mai 2022
Le constat est amer, quand dans tous les domaines d’activité, nous Malgaches, manquons singulièrement de créativité. En effet, les innovations qu’on voit surgir un peu partout sont les œuvres d’étrangers travaillant au pays. La réalité est telle qu’on se demande actuellement le pourquoi de ce manquement ? Est-ce le fait de notre isolement, parce que nous habitons sur une île ou autre chose ?
Eh ben oui ! Il y a une chose indéniable comme quoi nous n’avons pas les moyens de nos objectifs, à savoir une banque qui ne pratique pas de taux d’usurier comme celles qui désormais, ont pignon sur rue dans l’économie malgache. Elles sont nombreuses ces fossoyeuses de l’épanouissement sociétal de l’intelligentsia malgache qui ne prêtent qu’aux riches. La barrière qu’elles ont érigée est d’une telle hauteur pour que l’on ne puisse pas s’aviser de leur demander des prêts pour de grands projets.
Ce ressenti d’être des laissés pour compte dans le développement effectif de notre propre pays est d’une telle injustice que cela ravive notre frustration déjà difficile à contenir pour ne pas provoquer une explosion sociale. Cette vérité qui expose nos concitoyens à ne faire que des petites choses à petit budget, occultant le fait d’être des concepteurs de haut niveau ; et se cantonner désormais à n’être que des exécutants, n’est pas ce que l’on souhaite à nos descendants. On se sent racketté, tari et vidé de notre substantifique moelle par ces sangsues, ces charognards qui facilitent l’octroi de Madagascar aux étrangers.
Ces affirmations ne sont nullement gratuites, car le taux bancaire qui varie entre 20% et 30%, appliqué dans tout Madagascar, est carrément abject et étouffant pour le peuple. Si on applique ces mêmes taux dans les pays de ceux qui officient ici, il y aura un tollé général qui mettra à bas le gouvernement qui s’aventure dans la mise en place d’une mesure génocidaire pareille.
Taux bancaire avons-nous dit ? Mais non, c’est plutôt un taux d’usurier qui n’a rien à voir avec le développement de notre pays. Se cachant derrière les risques qu’elles prennent en octroyant un prêt à un autochtone, ces banques ont le culot de multiplier par quatre, sinon par cinq leurs taux bancaires, et nos gouvernants les laissent faire, tout en sachant pertinemment qu’ailleurs le taux appliqué est de moins de 5%.
A mon avis, la complicité de l’Etat malgache par l’octroi de Madagascar aux étrangers est avérée par le fait d’être aveugle, sourd et muet sur cette plaie qui nous arrive. Cette mise à mort de l’entreprenariat malgache de diverses manières, comme ceci étant l’une d’elles, est plus qu’affligeante pour nos compatriotes. Eh oui ! Ce raisonnement découle du fait que les grands projets novateurs dans notre pays seront désormais faits par ceux qui ont les moyens, en l’occurrence les étrangers et leurs potentiels financiers.
Le Malga-
che est en train de devenir le spectateur ou au mieux la main d’œuvre la moins chère du marché international, enrichissant d’une manière éhontée les opérateurs étrangers qui se congratulent de la situation d’extrême pauvreté des habitants de la grande île, pour pouvoir l’exploiter allègrement sans états d’âmes. Se comportant en pays conquis, ces banques qui officient sur nos terres usent de tous les prétextes fallacieux pour justifier leurs actes où le brin d’humanisme minimal est oublié.
C’est l’inculture, donc l’ignorance ou la fatalité bien malgache qui fait en sorte qu’on accepte cette damnation sur nos têtes ? Un proverbe malgache disait “Kely miaritra ny mafy ohatry ny volombody hovitrovitrin’ny etotra” (qui veut dire dans ce cas qui nous intéresse, que les Malgaches sont des petits qui supportent les avanies des puissants, comme les poils du cul subissent l’agression des pets). Allons-nous tous nous appeler “Ravolombody (poils du cul)” chaque fois que nous nous rencontrerons ? Je ne crois pas que l’on soit fiers de cette appellation péjorative qui va nous coller à la peau si cette situation perdure.
Il est temps d’interpeller nos gouvernants afin qu’ils mettent un terme à ce taux bancaire qui est purement et simplement l’expression actuelle du néo-colonialisme. Que ces banques qui nous gouvernent fassent un geste amical et compatissant, signifiant qu’elles accompagnent notre pauvreté en abaissant leurs taux d’emprunt bancaire en vigueur.
Voici un bon sujet d’intervention intéressant et sérieux pour l’association dont la raison sociale est la défense des consommateurs malgaches.
Max Randriantefy