Publié le 14 juin 2022
A la veille de la fête de l’indépendance, il est de bon ton de faire le bilan de ce que nous avons fait de notre pays Madagascar après 62 ans d’indépendance. Où en sommes-nous ? La situation actuelle qui prévaut dans notre pays est vraiment catastrophique à tous points de vue. 81 % de la population vivent sous le seuil de la pauvreté, cela est ponctuée par : une inflation galopante, une santé précaire, un système éducatif qui n’arrive pas à émerger, une corruption généralisée, une insécurité grandissante et autres… Il ne faut plus nous voiler la face, car pendant des dizaines d’années, nous avons été victimes de nos propres turpitudes.
Il est vrai que ces dernières ont subi les effets pervers du néo-colonialisme qui ont perverti nos détenteurs du pouvoir pendant de longues années. En guise de rappel historique, et ce, loin de vouloir réveiller les affres de la période coloniale, on va se permettre de rappeler ici que le peuple malgache a été sacrifié par le monde occidental, quand il nous a coupé les aides internationales pour la redynamisation de notre économie nationale.
Effectivement, pendant les longues années où Didier Ratsiraka était au pouvoir, ainsi que durant le régime de la transition dirigée par Andry Rajoelina, on a subi les avanies d’une mesure frappant nos choix politiques extérieurs qui tendaient à s’ouvrir vers l’Est. En effet, pour sanctionner le choix de nos dirigeants gouvernementaux s’écartant des valeurs du monde occidental, la communauté internationale a cru bon de châtier ces rebelles, en faisant fi de la population qui a subi de plein fouet les méfaits de l’isolationnisme draconien qui nous a été imposé.
Eh oui ! Cela s’est fait au détriment du peuple malgache qui nage dans la survie depuis lors, alors que l’on prônait la démocratie partout dans le monde en mettant en exergue l’humanisme cher aux Occidentaux. Ces tristes mesures ont été sciemment décidées et appliquées purement et simplement pour procéder à l’étranglement de notre économie naissante qui constituait le réveil d’un peuple en marche vers le développement.
L’application de la politique de la communauté internationale nous concernant, dénonçant l’arrivée au pouvoir d’une manière non démocratique et a jeté la population malgache dans les abysses de la pauvreté. Elle a aussi semé la dissension au sein de l’oligarchie malgache qui s’est empressée de tirer chacune les ficelles du jeu de son côté, et où le mercantilisme était le seul sentiment qui les a animés jusqu’à nos jours.
Et la descente aux enfers du pays et de sa population commença !
Le bilan actuel dû à ce dernier est l’effondrement de notre vie sociétale dans tous les domaines. Il est à en pleurer de faire le constat que dans l’état actuel des choses, se targuer d’être animé par le nationalisme est tout simplement risible, car dépassé, dans la mesure où nous n’avons plus rien de bien et d’honorable à présenter dans la vitrine du monde actuel. Le nationalisme qui met en exergue l’exaltation ou la prépondérance de sa propre nation par rapport aux autres ne peut plus malheureusement être le nôtre à moins qu’on ne veuille s’empêtrer dans la tromperie la plus abjecte qui soit.
Vu la pauvreté ambiante dans laquelle nous vivons, vu les épidémies qui nous guettent sur notre île, vu le manque d’éthique de la population, vu l’état de délabrement de l’environnement, en bref vu l’état de dégradation environnementale et intellectuelle que nous Malgaches avons fait à notre pays et à nos compatriotes, nous ne pouvons plus brandir à tout va la magnificence de notre patrie.
Il fut un temps où cela était possible, mais l’effondrement du pays et de sa population nous l’interdit déontologiquement parlant, sous peine d’être taxé de pratique mensongère en utilisant la désinformation pour maintenir les Malgaches dans l’obscurantisme le plus sordide existant encore dans le monde.
Actuellement, notre seul refuge est le patriotisme. Ce fait d’aimer son propre pays tout en reconnaissant et en respectant celui des autres. Il est vrai que le temps et la décadence sociétale ont eu raison de notre fierté. Le concept du patriotisme est beaucoup plus proche de la réalité qui nous entoure et nous permet de nous abstenir de nous mentir à nous-mêmes, ainsi que d’abuser de la crédulité de nos concitoyens.
Effectivement, il nous faut dénoncer le discours de nos politiciens qui souvent dans l’exercice de la manipulation de foule, placent des mots aux connotations nationalistes comme : << Mijery antsika izao tontolo izao >>, qui en fait veut dire : que nous sommes la vitrine du monde et qu’il nous regarde, alors que ce même monde évoqué se fout de notre existence, et qu’on peut même passer de vie à trépas sans qu’il s’en soucie. Dans la rhétorique malgache s’appuyant sur le nationalisme, on clame haut et fort que nous sommes la nation la plus belle, la plus riche et la plus importante sur cette terre, et on présente souvent les étrangers comme les voleurs de nos richesses (SIC).
Certains politiciens arrivent même à sensibiliser par leurs discours démagogiques nationalistes une population qui se nourrit encore de rêves de grandeur. Par ces affirmations imprégnées de propagande électorale, on arrive à profiter d’une manière éhontée de l’insularité des 95% de Malgaches qui ne sont jamais sortis de leur île.
L’inculture aidant, cette tranche de la population est prête à gober n’importe quel mensonge qu’on lui présente. Prenons un exemple bien précis comme : pour haranguer la foule, le politicien lance souvent des messages exacerbant le nationalisme détonateur avéré d’un mouvement populaire. Et oui ! L’émotion créée par des mots qui portent, a justement été utilisée pour tromper un auditoire malléable de par son bas niveau culturel, afin d’obtenir quelques voix électorales de plus. Comme toujours la finalité de ces jeux de mots que nous avons tenu à éclaircir par la Sentinelle, est d’ordre politique et que certains en usent et en abusent sans vergogne dans le but d’assouvir leurs noirs desseins.
Max Randriantefy