Publié le 09 novembre 2022
La Jirama, c’est l’image de la médiocrité sur tous les plans : au niveau des services, des compétences, des matériels et des infrastructures utilisées. A croire qu’il n’y a plus rien à sauver de la société d’Etat à l’image de l’Etat. Mais le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Andry Ramaroson ne semble pas être de cet avis. Il annonce la réforme au sein de la Jirama, sous tutelle de son ministère. Cette réforme touche les ressources humaines. Le verdict est attendu samedi.
Avec les administrateurs de la Jirama, Andry Ramaroson procède depuis lundi à des entretiens dont le but est de faire une évaluation des directeurs de la société. « Beaucoup d’informations sont à prendre en compte. L’entretien va encore durer quelques jours », indique-t-il sur son compte Facebook lundi.
En effet, la réforme au sein de la Jirama doit commencer par l’exclusion de certaines têtes. Le ministre de l’Energie en est conscient. « Le succès ou la destruction vient des ressources humaines. L’absence de finances suffisantes n’est pas un souci avec un personnel brillant. Par contre, des ressources humaines médiocres ne feront que détruire le peu qu’on a pu bâtir », affirme-t-il.
Les entretiens ont débuté. La réforme est en cours. « Les acquis de chaque haut responsable de la Jirama vont être scrutés à la loupe […]. Il y a des informations qui choquent et qui blessent au plus haut point ».
Le ministre ne s’est pas gêné de dénoncer les magouilles perpétuées par les directeurs de la Jirama. Il a pris l’exemple de la dame Zoelinoro Randriamihantamanana, directeur en charge des achats. « Des améliorations dans l’exécution des tâches ont été observées. La question est que cela est-il satisfaisant ? Mais le plus important, c’est que rien n’allait au sein de cette direction. On achetait tout et n’importe quoi », souligne le ministre Andry Ramaroson.
Aussi, on a des fainéants. On parle ici de Bruno Rabevahoaka, directeur des études. « Il n’est jamais présent. Il n’est au courant de rien. Il ne reçoit aucune information de ses supérieurs hiérarchiques, ni de ses subordonnés. Le pire est qu’il se contente de ne rien faire », se plaint Andry Ramaroson.
Vols, malversations, mauvaise conduite, incompétence, corporatisme et bien d’autres. La Jirama est le refuge de malfaiteurs en tous genres et de gens incapables de diriger. Il est temps que ça change. Et cela doit débuter par les numéros un de la Jirama et du ministère de l’Energie. Rivo Radanielina, directeur général par intérim de la Jirama a dépassé les douze mois d’intérim. La question qui se pose est : a-t-il changé la situation de la société dans le bon sens du terme ? La réponse est évidente : non.
Quant à Andry Ramaroson, quid de ses réalisations ? Au mois de juin de cette année, il a promis la fin du délestage en six mois. Ce délai est actuellement dépassé, mais où en sommes-nous ? On a même reculé en termes d’énergie, notamment sur le réseau interconnecté d’Antananarivo. Le seul bon point dans ce volet énergie, c’est la distribution de kits solaires, mais le ministère de l’Energie ne peut pas s’en valoir le mérite.
Aina P.