Publié le 16 novembre 2022
Les entrepreneurs routiers reviennent à la charge. Hier, ils ont manifesté devant le ministère des Travaux publics pour attirer l’attention des responsables. Depuis 2019, ils réclament leurs impayés. Une première vague de paiement a eu lieu au cours du mois de novembre 2021. La deuxième vague a eu lieu le mois d’octobre de cette année, soit presque un intervalle d’un an. 33 milliards d’ariary restent encore impayés. « Du jamais vu », insistent les manifestants.
« Nos années d’activité sont anéanties », « Nous avons perdu notre travail », « Nous souffrons des menaces perpétrées par les fournisseurs et banques ». Telles sont les inscriptions sur les banderoles que les entrepreneurs manifestants ont brandies.
Selon les précisions de ces entrepreneurs, les problèmes financiers et sociaux se sont manifestés suite à ce refus de paiement de l’Etat. Ils parlent entre autres de divorces, de poursuites judiciaires, de redressement fiscal qui s’élève à plusieurs millions, voire à des milliards ou encore de décès dus à un accident vasculaire cérébral (causé par tous ces problèmes).
Les impayés des entrepreneurs qui ont pris part à l’entretien des routes dans le pays sont estimés à 33 milliards d’ariary, indique Ralida, représentant des entrepreneurs routiers. « Les responsables du Trésor affirment pourtant la disponibilité de 546 milliards d’ariary dans le Fonds routier. On se pose ainsi la question : pourquoi ne sommes-nous pas payés ? », poursuit-il.
Comme la ministre de l’Economie et des Finances, Rindra Hasimbelo l’a affirmé au mois de juillet de cette année, les travaux déjà achevés feront l’objet d’audit, suite auquel seuls les travaux ayant respecté les normes seront payés. Trois mois plus tard, une partie des entreprises sont payées. « Pour excuse au non-paiement de la grande partie d’entre elles, on nous a affirmé que seuls les marchés à moins de 100 millions d’ariary seront payés. Mais après des échanges entre nous, l’on sait que des marchés en dessus de cette somme ont fait l’objet de paiement. Qu’est-ce que tout cela signifie ? », se demande Ralida.
L’inquiétude des entrepreneurs routiers persiste. Ils craignent que la prochaine vague de paiement n’ait lieu que dans un an, sachant que les deux dernières vagues se sont faites à un an d’intervalle. « On craint fort que le prochain paiement n’ait lieu que le mois d’octobre 2023. Ce qui nous inquiète au plus haut point », indiquent-ils. Selon toujours les entrepreneurs routiers, les travaux achevés ont été validés après réception provisoire et réception définitive. Il n’y a donc aucune raison qu’ils ne soient pas payés, estiment-ils.
Aina P.