Publié le 14 mars 2020
La date du vendredi 13 mars 2020 restera une date mémorable dans l’histoire des relations entre les institutions à Madagascar. Commencé la veille, l’ordre du jour n’a été suspendu qu’à l’aube. Les débats et échanges de réparties entre les ministres concernés et les députés avaient tourné au vinaigre. Au fil des discussions qui auraient dû seulement autour des problèmes et des mesures à apporter sur la sécurisation du pays en général et la menace de l’épidémie de corona virus, de part et d’autre le ton est monté jusqu’à atteindre la limite du supportable pour les parlementaires que des membres du gouvernement avaient purement indisposé avec les allusions qui sentaient un peu trop une certaine menace ou disons une intention visiblement provocatrice parce qu’ayant trait aux privilèges de l’immunité parlementaire les rôles des députés que les dossiers prévus ont failli être relégués au second plan.

Toujours est-il que finalement les projets de loi soumis et contestés par le Sénat à propos des ratifications des ordonnances présidentielles sur le Code Minier, le Régime Général des Elections et des Référendums, le Recouvrement des avoirs illicites confirment leur approbation en due de l’adoption finale des textes litigieux. Les députés maintiennent également leur position initiale sur les textes modifiant les contours du Sénat en tant qu’institution et le nombre de ses membres. Pour bien confirmer ce choix hautement politique preuve de la soutien de la majorité parlementaire à l’Exécutif dirigé par Andry Rajoelina, les parlementaires ont cru nécessaire de prendre à témoin les médias au cours d’une conférence de presse. Ils vont même jusqu’à accuser leur pairs de la chambre basse de faire les jeux d’une forme d’agitation dans le cadre de l’exercice des activités parlementaires. Quoi qu’il fasse le Sénat, les 9 ordonnances concernées auront force de lois, déclarent-ils avec la conviction des groupes parlementaires IRD et GPR pour assurer qu’ils soutiennent les efforts entrepris par le Président de la République et un gouvernement qu’ils n’ont pas manqué d’interpeller également. L’un d’entre eux a aussi montré d’un doigt accusateur l’intention malveillante de l’opposition de «refaire les élections »…Au cours de la séance de questions-réponses les doléances des députés sur l’insécurité et les dispositions prises le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie Nationale a essuyé les tirs croisés des élus d’Ampanihy-Ouest, de Soalala et Betroka qui le reprochaient sur les carences catastrophiques que les électeurs doivent subir à cause des réseaux de dahalo et de la mafia de l’exportation illégale de nos zébus. Devant les doléances exprimées publiquement de vive voix par ces élus, force est de reconnaître que si les efforts ne portent pas les résultats attendus, il y a lieu de tenir compte des réalités déplorables sur l’inadéquation des réponses apportées par les services du Général Richard Ravalomanana avec les problèmes existants. A cela, il faut prendre en considération les révélations faites par les députés aux premières heures de ce vendredi 13 mars 2020 sur les aspects cachés des relations entre l’échec de la lutte animée par le Premier ministre Christian Ntsay et côté obscur des efforts entrepris dénaturés par la compromission quelques hauts responsables qui sembleraient être de mèche (le conditionnel est de rigueur) avec des corrupteurs notoires.
Les députés et des victimes de cette situation s’en plaignent. Sans succès. Actuellement photo à l’appui, le député de Befandriana-Sud fait justement état d’une injuste intervention venant de très haut pour faire pression sur un grand dossier qui agite l’opinion à propos de Jaonary et complices sérieusement impliqués dans une vaste organisation de réseaux de collecteurs de bœufs volés. Du côté de Toamasina, pourquoi on refuse de délivrer un ordre de poursuite à des gendarmes hautement suspectés dans un crime avéré ? Mystère et boule de gomme…La force de l’argent sale aidant, la population en souffre.
Razafilahy