La Gazette de la grande ile

Lutte contre le paludisme : Le prochain défi !

Publié le 09 juin 2020

La Covid-19, qui semble perdre du terrain dans de nombreux pays, finira bien par disparaître à Madagascar. Ce n’est pas le cas du paludisme qui s’accroche à la Grande Ile comme un pou sur la tête d’un clochard. Lorsque la Covid-19 aura disparu, il nous restera toujours à affronter ce maudit paludisme.

Pour rappel, le paludisme est une maladie causée par un parasite (le plasmodium falciparum, entre autres) qui est transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique femelle (l’anophèle). Le paludisme frappe encore plus de 90 pays. Plus de 90% des cas de paludisme se situent en Afrique. En 2017, on a recensé 219 millions de cas de paludisme. C’est largement plus que les contaminations à la Covid-19. En 2020, le paludisme a tué bien plus que la Covid-19 et il continuera à tuer. Chaque année, plus de 400.000 personnes perdent la vie à cause du paludisme à travers le monde. Cette maladie tue des centaines de personnes tous les ans à Madagascar depuis plus d’un siècle. Ces chiffres sont désespérants et montrent que le paludisme est un obstacle au développement. Sachant que certains pays ont vaincu ce fléau, il n’y a aucune raison pour que Madagascar ne puisse pas s’en débarrasser. Que faire donc pour relever le défi presque infini de l’éradication du paludisme ?

En premier lieu, il est temps que Madagascar fabrique sur place, importe et distribue davantage de médicaments antipaludiques et de moustiquaires imprégnées d’insecticide ou d’insectifuge. En second lieu, il est étrange qu’aucun vaccin contre le paludisme n’ait été mis au point depuis la découverte de la cause de cette maladie en 1880. Il faut décupler le budget alloué à la recherche afin de pouvoir fabriquer un vaccin. Nous sommes convaincus que les chercheurs malgaches en sont capables. En attendant, il faut étendre les tests de diagnostic rapide du paludisme. En troisième lieu, il est essentiel de se pencher sur l’éradication des moustiques dans les marais et les eaux stagnantes, tout en veillant à préserver l’environnement. En attendant que l’on produise des insecticides aussi efficaces mais moins nocifs que le DDT, il faut planter des milliers d’hectares de répulsifs naturels, comme l’eucalyptus et la citronnelle.

Toutes les solutions susmentionnées sont connues. Il reste la volonté politique et les financements. Le régime actuel souhaite ardemment venir à bout du virus Covid-19 et toutes les autres maladies (paludisme, peste, choléra, poliomyélite, bilharziose…). Souvenons-nous que dans son Velirano N°5, le candidat Andry Rajoelina avait promis un accès aux soins de santé pour tous. Cet engagement est conforme à l’Article 19 de la Constitution qui dispose que : « l’État reconnaît et organise pour tout individu le droit à la protection de sa santé dès sa conception, par l’organisation des soins publics gratuits, dont la gratuité résulte de la capacité de la solidarité nationale. » Le droit à la protection de la santé est tout simplement le droit de se faire soigner. Avec la pandémie du virus Covid-19, la santé est devenue un enjeu majeur mondial et sera au cœur des prochaines échéances électorales dans tous les pays. S’agissant des financements, en plus de l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé, le régime d’Andry Rajoelina est disposé à trouver les moyens nécessaires pour que notre système de santé rattrape son retard. Cette volonté se reflètera certainement dans la Loi de Finances Rectificative en cours de finalisation, sachant que la santé fait déjà partie des axes prioritaires de la Politique Générale de l’Etat.

Phil de Fer et Folojaona

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