Publié le 03 novembre 2022
1000 entreprises créées par an, soit en moyenne 83 par mois à Madagascar. Ces chiffres de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), ne reflètent en aucun cas la réalité. En tout cas, cela n’a même pas résolu le problème du chômage.
Si on considère qu’une Petite et Moyenne Entreprise (PME) emploie en moyenne 10 personnes, la création de 1000 entreprises par an doit ouvrir 10.000 postes par an. Cependant, l’Organisation Internationale du Travail indique que le taux de chômage à Madagascar ne cesse d’augmenter. Le chômage atteint actuellement 4.8% des jeunes de 15 à 24 ans contre 3.5 en 2019. Ce taux atteint 2.6% de la population active totale contre 1.9% en 2019. Pourtant, l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) indique que les entreprises ne cessent de se créer.
Dans le domaine de la Technologie de l’Information et de la Communication (TIC), l’Economic development board of Madagascar (EDBM) indique la création de 1.500 emplois. Un domaine qui emploie plus de 90% de jeunes entre 20 et 35 ans selon un leader du « Call Center » à Andraharo. Hors, c’est dans cette tranche d’âge que le chômage a le plus augmenté à Madagascar ces dernières années. Ce qui démontre une fois de plus que les chiffres communiqués par l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) sont stériles. Ces 1000 entreprises créées par an n’affectent en rien le taux de chômage à Madagascar. Ce ne sont que des entreprises créées sur le papier, mais qui ne sont pas actives. La majorité d’entre elles, nouvellement créées, sont en veille, comme celles destinées à œuvrer dans l’évènementiel et la conception visuelle sise à Ambatomaro, laquelle a obtenu son NIF et Stat en 2020, mais qui n’a toujours pas commencé à tourner. Le responsable que nous avons rencontré affirme avoir été bloqué par la pandémie de Covid-19, comme la plupart des entreprises qui ont obtenu leur Nif et Stat, mais qui sont toujours en veille.
Toujours dans le domaine de l’emploi pour les jeunes, certains louent également leur NIF et Stat. Cela se voit principalement dans l’évènementiel et la photographie. Les grosses boîtes à la recherche de prestataire exigent le NIF et Stat pour les engager. Comme la plupart des jeunes prestataires malgaches dans ces domaines sont informels, ils utilisent les NIF et Stat de quelqu’un d’autre pour avoir le marché. Ce business est aujourd’hui de plus en plus courant.
Ces chiffres de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), indiquent juste le nombre d’entreprises créées sur le papier qu’ils ont enregistré. On ne peut pas relater la réalité à travers ces chiffres. D’après le Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP), «le flou en matière de régime fiscal a entraîné une réticence des investisseurs à s’implanter à Madagascar. Les grosses boîtes dans le domaine de la Technologie de l’Information et de la Communication (TIC) ont même tendance à plier bagages et à investir ailleurs ». Ce qui démontre une fois de plus que les chiffres de l’Economic development board of Madagascar (EDBM) sont des chiffres stériles. Ils ne produisent rien en matière de création d’emploi.
Ce secteur est d’ailleurs en déclin à Madagascar. « La plupart des diplômés et des experts en technologie malgache sont recrutés à l’étranger », d’après le Groupement des Opérateurs des Technologies de l’Information et de la Communication (GOTICOM). Ils appellent cela un « pillage des ressources informatiques ». Par ailleurs, il est très facile pour une boîte à l’étranger d’attirer les jeunes Malgaches à travailler chez eux. Le salaire moyen à Madagascar dans le domaine de la Technologie de l’Information et de la Communication est de 700.000ar par mois, alors que les boîtes étrangères leur proposent 1.500 euros par mois au minimum, soit 6.300.000ar. Ajoutées à cela, les assurances maladies et autres prises en charge légales. Notons cependant que ces 1.500 euros figurent parmi les salaires les plus bas en Europe. Mais pour un jeune qui a l’habitude de ramasser des miettes à Madagascar, accéder à 1.500 euros par mois est une aubaine.
Le constat général est que le taux de chômage à Madagascar ne cesse d’augmenter. Les jeunes préfèrent chercher tous les moyens pour travailler à l’étranger. Hors, l’Economic development board of Madagascar (EDBM) communique la création de 1000 entreprises par an et la création de 1.500 emplois dans le domaine de la Technologie de l’Information et de la Communication. Ce ne sont là que des chiffres stériles ne relatant en rien la réalité.
T. Berado