57,4% de l’électricité produite par la Jirama sont issus de l’hydroélectricité, selon les données du dernier tableau de bord économique de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Ce chiffre concerne l’année 2015, et pour 2014, il a été de 59,5%. Comme quoi, on constate un recul et c’est au profit de l’énergie thermique, donc issue des centrales à gasoil et à fuel. Ce qui signifie que Madagascar est loin d’avancer vers la transition énergétique, laquelle consiste à délaisser progressivement le thermique pour les énergies renouvelables. Il évolue ainsi à contre-courant de ce qui s’observe en Afrique subsaharienne et notamment dans quelques pays.
Au Mozambique, par exemple, la production d’électricité est issue à 99,9% des énergies renouvelables, contre 99,7% en Zambie, 97,8% en Namibie, 99,6% en République démocratique du Congo, 84,5% en Centrafrique et 99,4% en Ethiopie selon les dernières données de la Banque mondiale portant sur les années 2010-2012. A Madagascar, le potentiel en énergies renouvelables est immense et dépasse de très loin la croissance de 10% de la demande annuelle en électricité.
Mais notre pays tarde à avancer vers la transition énergétique. Pire, il recule même puisque dans les années 90, la part de l’hydroélectricité a déjà dépassé les 70% de la production totale. On en est maintenant en-dessous de 60%. Certains pays africains arrivent toutefois à exploiter pleinement leur potentiel. Mieux, ils devancent des pays développés et affichent un taux nettement supérieur au niveau mondial. En effet, la Banque mondiale précise que 20% de l’électricité produite dans le monde en 2012 provenait de sources d’énergies renouvelables telles que l’énergie solaire, éolienne, géothermique et hydroélectrique. Malgré tout, il est possible d’augmenter rapidement la part de production d’énergies renouvelables si l’on en croit les expériences des pays africains cités plus haut. Seulement, de telles expériences ne peuvent être menées à bon port sans une ferme volonté politique des dirigeants. C’est ainsi que l’Ethiopie construit une centrale hydroélectrique de 400 MW sans attendre les mannes des bailleurs de fonds. Cette infrastructure servira non seulement ce pays mais également des Etats voisins.
Une telle volonté politique manque cruellement à l’Etat malgache, unique actionnaire de la Jirama. Depuis plus des décennies, il traîne des pieds, rien que pour assainir la gestion de cette entreprise. Il se contente d’allouer tous les ans des méga-subventions à la Jirama (300 milliards Ar pour 2016 dont 200 milliards pour l’achat de gasoil et de fuel). Ces subventions sont jugées comme injustes et scandaleuses par les bailleurs de fonds : elles servent les 15% d’abonnés de la Jirama censés avoir un pouvoir d’achat relativement supérieur à celui des 85% non raccordés à l’électricité. Or, ces subventions sont prélevées sur les recettes publiques et donc sur les obligations fiscales payées par les contribuables, qu’ils aient ou non l’électricité chez eux.
Fanjanarivo