“Ny fotoam-bita” vs :“Tsy mahaleo ny sampona” !
A l’image des plus grands scénarios comiques hollywoodiens, les bévues du régime ne cessent de faire du bruit dans les coulisses de la vie quotidienne. Après le long épisode concernant l’affaire Claudine Razaimamonjy, c’est maintenant celle de Barry Benson qui suscite le grand intérêt des observateurs. Si le premier cas oppose le BIANCO aux tenants du pouvoir, le second est une opposition ouverte entre ces derniers et le MLE.
Depuis quelques mois, la présidence de la République s’est servie de nombreux supports média pour mettre en place ce qui semblerait bien être une propagande avant l’heure. Intitulé « Ny fotoam-bita », cette propagande fait part de la vision de cette institution sur les différents aspects de la vie quotidienne. Bien entendu, dans toutes les éditions, le but est de convaincre toute personne crédule que tout se passe bien dans le pays. Les principaux maux qui gangrènent le pays sont éludés avec une délicatesse digne de grands dirigeants. Mais si, effectivement, tout se passe bien dans ce pays, est-il vraiment nécessaire de faire un tapage médiatique ? N’est-ce pas le rôle d’un président d’assurer le bon déroulement de la vie ? Alors pourquoi une telle programmation dans les médias ? De toute évidence, le régime mené par Rajaonarimam-
pianina perd de plus en plus sa crédibilité et par la même occasion sa popularité. C’est sans aucun doute pour masquer sa perte de contrôle de la situation que le président de la République fait toute une mascarade. Grandement fragilisé par son mutisme concernant la persistance du délestage ou encore l’incarcération de sa proche conseillère, ce dernier semble avoir perdu tout sens de la réalité. Si l’émission « Ny fotoam-bita » se veut être un regain de notoriété, c’est plutôt l’effet inverse qui s’est produit. Voulant voiler la réalité aux yeux de tous, une émission parodique a ainsi été produite, reflétant plus fidèlement la réalité vécue par les foyers malgaches : « Tsy mahaleo ny sampona »
Comme le dit le dicton « Ny fotoam-bita, tsy mahaleo ny sampona ». C’est sur la base de celui-ci que l’émission présentée par Barry Benson, parodie audacieusement celle du président. A la suite d’une édition dans laquelle le présentateur a parodié la conversation entre Claudine Razaimamonjy et un responsable du BIANCO, l’animateur a reçu des menaces à son encontre. Ne le trouvant pas à son domicile, c’est sa mère qui a été pris en otage. Sur le coup, tout le monde ignorait le mobile réel de telles exactions. Or, il faut bien une raison valable pour mettre un individu sous mandat de dépôt. Le prétexte a donc été rapidement trouvé : le port d’une tenue militaire. C’est vrai que c’est un acte répréhensible par la loi, mais pourquoi est-ce que des clips musicaux, faits par des Malgaches, sur ce territoire ne sont-ils pas poursuivis pour le port des mêmes tenues ? La loi n’est-elle pas la même pour tous ? Sans doute parce que les artistes qui portent les tenues militaires sont des membres de la famille de personnes haut placées. Toujours est-il qu’une enquête a été ouverte entraînant la perquisition du domicile de Fetra Rakotondrasoa, fervent activiste au sein du mouvement pour la liberté d’expression.
Avec l’organe judiciaire et les forces armées entièrement acquis à sa cause, le chef de l’Etat peut librement continuer ses abus. Et dire que le syndicat des magistrats de Madagascar manifeste pour leur indépendance, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Avec cette maladresse de plus à son actif, le président voit le pouvoir lui échapper encore plus. A quand la prochaine bourde ?
Johan R.