CHRONIQUE DE RAZAFILAHY: Requiem pour un Etat de Droit

En ouvrant les festivités de la Journée mondiale consacrée à Nelson Mandela, S.E l’Ambassadrice de La République de l’Afrique du Sud avait longuement donné un panorama très élogieux et sublime du prestige et des réussites politiques, économiques et culturels de son pays, à faire pâlir d’envie une assistance en admiration pour le pays du plus grand héros de tous les temps dans la lutte pour la liberté de son peuple contre la ségrégation raciale érigée en politique d’Etat par des hommes blancs colonisateurs. Contraste frappant et très rébarbatif, commencé par un rappel macabre d’un récent décès d’un artiste Malgache de renom qui n’avait rien à voir avec l’évènement célébré hier dans la matinée, le discours du Premier ministre Olivier Mahafaly avait frappé tous les esprits avec cette «minute de silence» imposée qui cadrait mal avec l’objet de la mondanité.

Selon Dico une source de référence valable d’Internet un requiem est une « Prière de l'Église pour les morts… ». Pourquoi en parler ici ? Tout simplement parce qu’en donnant le « la » à sa manière, le Chef de gouvernement du pays hôte (avec la batterie de casseroles attachées à son nom) mérite qu’on lui ouvre les yeux pour voir,   qu’on attire son attention pour lui faire comprendre que le processus démocratique que toute la communauté internationale avait tenté de mettre en place à Madagascar est bel et bien mort aussi sur l’autel impie et sacrilège d’une mauvaise gouvernance que supportent malgré eux tous les habitants de cette île. Tout le reste n’est que discours ampoulé de leur part pour endormir les administrés qui ont tant besoin de « Liberté, de Justice et de démocratie ». Il est temps que ceux qui s’imaginent diriger ce pays réalisent qu’ils sont complètement à côté de la plaque qu’officiellement et sur le plan institutionnel, vers laquelle ils avaient le devoir citoyen (pas respecté) de conduire les habitants. Depuis tout le temps que le système en vigueur agonisait à petit feu sous les coups de boutoirs des compromissions et des dérives étatiques aggravés par la gangrène de la corruption envahissant toutes parties du corps de la République, le mal avait commencé dès les premiers pas des hauts responsables dans les cercles de décision de toutes les administrations. Il est vrai que ce genre d’infection qui avait atteint la 4ème République a pris sa source dans les dédales de la politisation à outrance de la justice dès le début de la Transition. Le malaise d’Honoré Rakotomanana le jour du14 juillet en pleine fête pourrait être un symbole ou un signe prémonitoire

Il n’y a rien d’étonnant lorsque les séquelles de la désignation de Norbert Lala Ratsirahonana comme Chef d’Etat Premier ministre à la succession du Pr. Albert Zafy par les gardiens de la Constitution eux-mêmes déteignent sur les rebondissements politiques depuis. Au point de devenir une nouvelle mode pour accéder au pouvoir jusqu’en l’an 2009. Sur instigation de Ratsirahonana toujours, sur une simple lettre de la HCC l’institution d’Ambohidahy, Andry Rajoelina est confirmé à la tête d’un exécutif insurrectionnel. Que la Haute Cour Constitutionnelle ne fasse pas grand cas des doléances et requêtes des députés en vue de destituer le président Hery, qui tombent à l’eau, après les vaines démarches de Christine Razanamahasoa et les parlementaires concernant le hold-up sur la composition du Bureau Permanent (version initiale) de l’Assemblée Nationale, il ne faut pas chercher très loin la cause et la raison. Le ver de la mauvaise gouvernance était dans le fruit. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’il pourrisse entièrement. La preuve : cette démission fracassante d’un pilier du pouvoir HVM (le seul individu susceptible de pouvoir maintenir un semblant de vie avec les soins intensifs dont seul il avait le secret). En quittant le bateau avant que celui-ci ne fasse naufrage, le ministre Gervais Rakotomanana marque le dernier soupir d’un corps sans vie. Désormais, plus rien ne sera comme avant, et tous les évènements qui suivront porteront les signes évidents de l’absence de la démocratie cette âme qui fait vivre un Etat de Droit. Sans elle, un système n’est plus qu’une carcasse structurelle vide et vidée pourrissant jour après jour au soleil jusqu’à ce que la population se décide à l’enterrer… S'il mérite un requiem.

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