L’initiative privée : au dépens d’un Etat léthargique !

A Madagascar, les investisseurs étrangers sont nombreux. Preuve en est, le nombre de Consulats, d’Ambassades et de représentations diplomatiques présentes dans le pays. Dans ce contexte, l’on pourrait être amené à croire que l’Etat Malgache contribue grandement à ce que le monde des affaires prospères. Malheureusement, pour un opérateur économique national, la réalité est tout autre.

On aura beau chercher dans l’Histoire du pays, jamais on n’aura trouvé un cours de change aussi élevé, près de 3.400 ariary l’Euro. Une telle situation handicape bien entendu tout investisseur national. De plus, dans la mesure où le pays n’est pas un grand constructeur industriel, beaucoup mise la majeure partie de leur chiffre d’affaire sur les importations. Bien entendu, tout cela a un coût. Avec une valeur énormément dépréciée de l’ariary, toute initiative prise par un opérateur investissant en monnaie locale serait un suicide. D’ailleurs, de nombreuses entreprises sont contraintes de mettre la clé sous la porte dans de telles circonstances. Une situation qui joue bien entendu à l’avantage des investisseurs étrangers. Une analyse plus poussée de cette situation pourra expliquer la prolifération du secteur informel, des produits contrefaits, et des articles de qualité minable. Pour dire les choses directement, la Grande Île reste la poubelle privilégiée de tous les produits étrangers ne correspondant pas aux normes. Pire encore, l’absence de contrôle facilite leur écoulement, et favorise également l’expansion du secteur informel. Que va donc devenir l’industrie locale ?

Pourtant, l’Etat ne semble prendre aucune mesure pour pousser les opérateurs nationaux à investir. En plus d’une monnaie nationale dévaluée et non convertible dans « le concert des nations », ceux-ci doivent également faire face au fait qu’ici tout est payant. Certes, c’est presque partout pareil, mais dans certains pays, la corruption est moins élevée. Pire encore, le paiement des pots-de-vin et autres dessous de table atteint souvent le triple des frais affichés. Se lancer dans les affaires est donc clairement prohibitif pour les citoyens malgaches. D’une manière plus directe, pour qu’un national puisse faire fleurir son affaire, il doit s’acoquiner avec les tenants du pouvoir, ou s’associer avec des étrangers. Un dernier cas qui n’est pas forcément à leur avantage.

Madagascar est un pays qui dispose d’un potentiel énorme, tant sur le plan humain que sur le plan des investissements. Malheureusement, ces atouts ne sont pas estimés à leur juste valeur par les dirigeants. On se demande d’où vient cette fâcheuse tendance des dirigeants qui veulent tout accaparer, reléguant la vie de leurs concitoyens à un rang indéfinissable ?

Johan R.

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