Come-back de la famine: Des actions qui frisent l’indécence
Quand on parle de « kere », de la famine ou d’autres appellations liées à la faim, on a toujours tendance à se retourner vers le Sud Malgache. Si les risques de famine n’ont toujours pas disparu dans l’extrême Sud, c’est la faute au gouvernement qui empêche son éradication, pourtant à portée de main. Si le gouvernement a voulu remédier réellement à la famine, il aurait pu rameuter les chanteurs en mal de réputation caritative. Convoquer les photographes spécialistes d’un noir et blanc saisissant. Réquisitionner les poésies médiatiques lacrymogènes pour faire pleurer dans les chaumières des classes moyennes occidentales, il aurait pu réaliser des projets voire des stratégies solides et durables. En 2017, l’Androy reste toujours confronté à des situations de sous-nutrition ultime qui sont loin d’être endiguées si l’on se réfère à l’allure du régime actuel. Les indignations généreuses sont anesthésiées par la routine catastrophiste et déculpabilisées par les discours populistes adeptes de la solidarité de proximité. Mais s’agit-il seulement de ponctionner des portefeuilles volontaires, en pestant contre l’essaim des criquets ou de pauvres sols fendillés ? Ne faut-il pas faire appel à l’intellect politisé autant qu’au cœur émotif ? La famine n’est pas seulement tueuse. Elle est assassine au sens d’un homicide quasiment volontaire. Et le comble, ce problème persistant ne date pas d’hier. L’on se demande alors, pourquoi notre gouvernement n’arrive toujours pas à trouver une solution durable face à ce problème ? Quid du suivi-évaluation sur la réalisation des 21 engagements signés lors de la concertation nationale, à Ambovombe-Androy en février 2016 ? Quand on y pense, ce genre de réunion n’était que pour se faire une belle image, pour les indemnités, pour les paperasses administratives… mais rien de concret, de sérieux pour la population locale. Bref, le Sud n’est qu’un tombeau à projet, une ville délaissée et mise dans l’oubli par exprès. La situation dans le Sud de Madagascar demeure préoccupante. La crise alimentaire complexe y est récurrente malgré les dons, les efforts des partenaires techniques et financiers étrangers. A l’heure actuelle, environ 610.000 personnes restent sans eau potable…
Recueillis par Malalanirina