Publié le 15 mai 2019
Période creuse actuellement pour la Présidence de la République et le gouvernement en attendant les législatives du 27 mai. Tous les gros bonnets du régime stationnent dans la capitale et évitent, autant que possible, les descentes dans les provinces. Pour une vingtaine de jours encore, ils mènent une vie de farniente. La raison : ils se montrent prudents vis-à-vis de la disposition du code électoral qui indique ceci : « Toute inauguration officielle est interdite pendant la durée de la campagne électorale ». L’expression inauguration officielle est élastique car comprend aussi les poses de première pierre, les dévoilements de plaque, les démarrages de travaux, et peut même être étendue aux sorties de promotion. En tout cas lors des discours officiels, une annonce peut-être perçue comme une prise de position en faveur de tel ou tel autre candidat, et peut valoir certains ennuis à l’orateur. D’où cet excès de précaution qui cloue les barons du régime dans la capitale…
Si ces derniers ne sombrent pas dans l’oisiveté, ils ne se tuent pas non plus à la tâche. On conseillera donc à Andry Rajoelina et à ses proches d’exploiter utilement cette période de désoeuvrement relatif. Par exemple en élaborant des plans pour la concrétisation des promesses mirobolantes qu’ils ont lancées pendant la campagne électorale. En effet, au bout de quatre mois de mandat, rien de bien concret ne s’est encore manifesté dans la réalisation des engagements électoraux d’Andry Rajoelina. Dans les milieux de l’intelligentsia, on craint de plus en plus que ces promesses n’aient été lancées que pour attirer les voix des électeurs. Au second tour notamment et sous la menace d’un Marc Ravalomanana très offensif avec son « Manifesto », Andry Rajoelina a multiplié les promesses sensationnelles. On ne citera que la transformation du secteur d’Ampasika (vers Itaosy) avec une maquette futuriste comportant échangeurs de circulation, autoroutes à quatre voies, pont suspendu, espaces verts etc. Une inflation de promesses qui a inquiété la Conférence des Evêques de Madagascar, laquelle par la voix de son président le cardinal Désiré Tsarahazana a publié le 16 décembre (scrutin du 2ème tour le 19 décembre) un communiqué comportant l’annonce suivante : « Que celui qui est élu respecte sa parole concernant les promesses électorales ». Une mise en garde valable surtout pour Andry Rajoelina qui, pour l’emporter, s’est lancé à corps perdu dans la surenchère des « velirano » (engagements solennels).
Pour les « 13 velirano » et l’Iem (Initiative Emergence Madagascar) qui ne sont pour l’instant qu’un fatras de vœux pieux, on attend un plan de réalisation à la fois rigoureux et ambitieux. Une tâche simple qui stipule pour chaque projet un objectif précis, un coût prévisionnel, l’étalement des travaux dans le temps, la part de l’Etat, des investisseurs privés et des bailleurs étrangers dans le financement, la proportion des prêts à rembourser et des dons etc. Alors seulement et même si rien encore n’a démarré, le grand public accordera à ces promesses électorales du …crédit.
Adelson RAZAFY