Publié le 11 juin 2020
Une fonction ministérielle ou n’importe quel haut emploi de l’Etat, un statut de première dame ou de conjoint d’un ou d’une chef d’institution, une fonction de directeur société ou au sein de ministère, une fonction d’enseignant ou de médecin et tant d’autres… chaque fonction, chaque statut particulièrement de personnage public exige une certaine mesure, une certaine attitude même si l’habit ne fait pas le moine. Et telle fonction, tel statut l’exige encore plus étrangement dans un pays comme le nôtre ce qui est complètement paradoxal. Lorsqu’on voit comment sont habillés les professeurs d’université dans les universités américaines, Britanniques, françaises quand ils ne sont pas en toge, on voit bien qu’ils ne sont pas tous les jours habillés comme s’ils allaient à une cérémonie de mariage.
Une chose est commune à tous, la sobriété et la couleur sombre lorsqu’ils doivent prendre la parole à une conférence internationale. Lorsqu’on voit ces magistrats qui prennent le transport en commun à Genève ou à Paris, certes en costume sombre mais dans un tramway ou le ministre de l’éducation dans les transports en commun dans un bus en Suisse, on se rend compte qu’aussi important soit ce personnage, il reste humble et digne de sa fonction. Il se fond dans la masse. Quand on voyait l’ancienne ministre de la justice française venir à vélo à l’Elysée, la chancelière allemande faire son marché et discuter avec les marchands, on se rend compte qu’on peut être à ce stade là de responsabilité mais garder les pieds sur terre, qu’on peut être dans un pays riche mais ne pas dépenser l’argent public pour des bling bling de m’as-tu vu. Chez nous malheureusement c’est tout le contraire, les apparats, les habits, les chaussures, les voitures semblent très importants pour nos dirigeants.
On se souvient de la fameuse robe ananas de l’ancienne première dame Rajaonarimampianina qui lui a tristement collé à la peau, un morceau de tissu qui apparemment coûtait cher et qui a fait la une de la presse ; on se souvient il y a des années durant la transition une robe de l’actuelle première dame pâle copie d’une robe de star hollywoodienne qui a fait l’objet de commentaires dans les moindres détails et tant d’autres. En réalité dans un pays pauvre, et quoique l’on dise, les chiffres parlent d’eux mêmes, nos personnages publics se font un point d’honneur à rouler dans des voitures luxueuses et porter des vêtements de grande marque. Les choses ne s’arrêtent pas là mais vont plus loin, dans les phrases irréfléchies balancées par des responsables. L’histoire de dollars et ariary serait passé inaperçue si ce n’est pas une ministre de l’éducation qui l’a dit et surtout en répondant à des questions de journalistes… elle aurait dû mieux réfléchir à ce qu’il y a à dire et ce qu’il faut taire même si elle a l’habitude des phrases à l’emporte pièce.
Chaque fonction appelle une attitude. Cela n’a rien à voir avec les vêtements de marque, les voitures de luxe et autres frivolités, cela a à voir avec une attitude respectueuse des gens et respectueuse de soi…parce que le savoir vivre et l’élégance ne s’achètent pas. Ne jamais oublier, quand on est un personnage public, un homme ou une femme politique, la mesure de la fonction !
La Rédaction