Publié le 07 octobre 2020
Cela ne fait même pas un mois que nous avons entendu parler du fameux Code municipal d’Hygiène adopté par les responsables au sein de la Commune Urbaine d’Antananarivo, un Code autour duquel les commentaires et les discussions n’étaient pas des moindres. Pour ceux qui auraient pu oublier, il faudrait peut-être faire un petit briefing sur le sujet, surtout lorsqu’il s’agit d’une norme qui, à condition d’être appliquée, pourrait certainement changer grand-chose au niveau de la capitale. En gros, dans ce Code étaient insérées quelques amendes qui seraient surtout imposées, d’une part, à l’encontre des personnes enfreignant les règles minimums d’Hygiène indispensables au maintien de la propreté et de la salubrité dans la ville. D’autre part, elles étaient également imposées à l’égard de ceux ou celles qui auront des comportements contraires aux règles d’urbanisme ou aux règles de conduite normale dans une société. Mais bizarrement, le Code a fait l’objet de nombreuses discussions dans les médias, et notamment sur les réseaux sociaux. Sans compter qu’un haut responsable de la CUA n’a pas aussi manqué à son tour de répliquer face à celles-ci. Selon ses indications, « Antananarivo ne doit plus être la ville du chaos, de l’anarchie, du non-respect de l’autre et de l’incivisme ».
Nous sommes tous d’accord sur un point, c’est que notre capitale mérite effectivement d’être rénovées sur de nombreux domaines, et qu’elle mérite véritablement une grande restructuration. Mais encore une fois, notre pays est-il à la hauteur de faire subir ce mode de vie à la population tananarivienne ? Et autant rappeler que cela fait des semaines que les habitants ont été informés de cette nouvelle politique mais jusqu’à présent, nous n’avons remarqué aucun changement grandiose. Les responsables ont-ils omis de prendre en compte que la mise en œuvre d’un tel Code suppose des actions concrètes et des descentes sur terrain, et ont-ils cru qu’il suffisait d’adopter un texte pour que les particuliers sachent quoi faire à leur tour ? La question reste cependant à méditer. Quoi qu’il en soit, il faudrait prendre conscience qu’il ne s’agit pas seulement ici de distinguer entre amendes, taxes, impôts et voire d’autres encore, car les questions de termes ne vont en rien résoudre des problèmes plus pratiques. Le fait est que ces sanctions financières que l’on compte imposer ne vont pas s’appliquer gratuitement, et qu’il faudrait d’abord commencer par trouver des stratégies pour veiller à ce que les habitants de la capitale, tels qu’ils sont, vont se décider à respecter les normes.
Hariantsa R