Publié le 29 janvier 2021
Alléger la circulation dans la capitale et diminuer, voire supprimer, les embouteillages monstres du quotidien figure parmi les combats les plus durs de la CUA et des autorités compétentes. La Police Nationale essaye tant bien que mal de gérer les carrefours et les intersections, la direction générale de la sécurité routière sensibilise les propriétaires à mettre à jour les visites techniques pour avoir des véhicules aptes à circuler sans prendre le risque de tomber en panne au milieu de la route, la Commune Urbaine d’Antananarivo crée des infrastructures pour élargir les zones circulables sur les routes, mais tous travaillent en vain. Aucune autorité ni institution n’ose toucher au vrai problème qui perturbe la circulation à Antananarivo, les piétons et les utilisateurs des trottoirs et des bords de rue.
En effet, les rues de la capitale sont sous le règne d’une population non civilisée, qui pense être en droit de faire ce qu’elle veut et où elle veut. Cette population défie carrément l’autorité des dirigeants et elle réussit. Tous les quartiers d’Antananarivo connaissent ce problème d’occupation des trottoirs par les commerçants et autres travailleurs. Eloignés ou situés à proximité de la Mairie d’Antananarivo, tous les trottoirs sont envahis par une foule de non civilisés qui pensent être en droit d’y installer leurs marchandises. La rue qui relie Soarano à Ankazomanga est le parfait exemple de cet envahissement. La CUA est impuissante face aux cordonniers, aux commerçants et aux tireurs de charrette qui se sont installés le long du marché de Pochard et qui forcent les piétons à descendre sur la chaussée. C’est un axe stratégique qui permet aux véhicules de sortir du centre-ville, mais qui est constamment bouché à cause d’une foule qui abuse de son statut de « vahoaka madinika » dont elle s’est elle-même autoproclamé. Les dirigeants ont peur d’y toucher par souci politique. En effet, tous ceux qui ont osé essayer de régler ce problème des trottoirs se sont retrouvés dans le collimateur de ces gens. Or, cet axe Soarano-Ankazomanga est la principale cause des embouteillages monstres du centre d’Analakely. Viennent ensuite les commerçants des bords de rue de Tsaralàlana. Sur cet axe, le mot trottoir n’existe pas. Si on veut essayer de marcher sur les trottoirs par peur de se faire renverser par un véhicule, on risque de marcher sur une casserole ou sur des assiettes. En effet, les trottoirs de ce quartier se sont transformés en un véritable marché d’ustensiles de cuisine. Les piétons sont obligés de marcher sur la chaussée et bloquer la route aux véhicules. A côté, il y a les piétons qui se sont habitués et qui pensent que marcher en plein milieu de la rue est chose normale.
Avant les fêtes de fin d’année, la CUA a pris l’initiative de mettre une clôture qui empêche les piétons de marcher sur la chaussée devant un immeuble à Soarano. Une clôture de même pas 60 mètres qui a allégé la circulation sur cet axe. Cependant, elle a été retirée depuis le début de l’année et les piétons ont repris la mauvaise habitude de marcher sur la chaussée. Comme des zébus, les Malgaches ont cette manie de ne suivre les règles que sous la menace ou derrière une clôture. Il faut constamment utiliser la manière forte pour qu’un Malgache obéisse. Aux grands maux les grands remèdes, il est temps de re-clôturer les bords de rue et d’obliger les piétons à marcher sur les trottoirs pour que les embouteillages monstres de la capitale s’allègent. Si les dirigeants actuels veulent garder leur place, ce ne sera pas en faisant du laisser-aller, mais en réalisant leurs promesses même si cela implique de tenir en laisse toute la population pour qu’elle apprenne enfin à se respecter.
T. B