Publié le 14 janvier 2022
Jusqu’à nos jours, tous les experts sont unanimes pour affirmer à propos de Madagascar qu’il faut absolument « comprendre hier pour vivre aujourd’hui et préparer demain… » Sauf erreur de notre part, ce constat était la base des options du Président de la République actuel lors de son intervention du jour de l’an 2022, quand il avait déploré l’utilisation des infrastructures installées en 1950, alors que nous entrons dans la seconde décade de l’an 2000. L’objectif des analystes était «d’en finir avec les éternelles incantations et vœux pieux proférés sans discontinuité depuis la nuit des temps, comme des vérités bibliques, par les habituels bien-pensants, intellectuels, ou pseudo-intellectuels locaux internationaux, lesquels peuplent les salons, profitant à longueur d’année des plus belles tables et des plus fournis bars et buffets.»
Les mêmes observateurs ajoutent avec une forte dose de conviction que « La coupe est pleine ! Ce calvaire n’a maintenant que trop duré». Pour ce faire, chaque citoyen doit réfléchir à l’installation d’une nouvelle gouvernance qui devra ramener la sérénité et instaurer la prospérité à Madagascar, au profit de chaque Malagasy où qu’il se trouve dans le pays. Le régime en place, depuis qu’il dirige cette nation, fait visiblement des efforts dans ce sens. Mais les résultats ne suffisent pas. Pour preuve : qui ignore encore que «l’Etat est incapable de sécuriser ses côtes, ses ports et aéroports qui sont de véritables passoires aux seuls profits de nombreux et différents trafics dont les médias ne rapportent qu’une minime partie. » Les pillages de nos ressources halieutiques par des navires de pêches étrangers restent et demeurent des préoccupations permanentes pour le Ministère de la Pêche. La trop grande fréquence des sorties clandestines des lingots d’or saisis en provenance de notre pays attire l’attention des autorités judiciaires comoriennes. Alors qu’en principe, c’est le Premier ministre Christian Ntsay en personne, en charge du cumul du Ministère des Mines et des Ressources Stratégique, avec tous les moyens dont il dispose, qui aurait dû maîtriser ce genre de problème. Encore heureux que le Ministère de la Justice ait fait preuve de compétence pour réussir à ramener les délinquants sur le territoire national pour que justice soit faite. C’est pourquoi, il ne suffit pas de penser à changer le cours des choses à Madagascar, mais de pratiquement se débarrasser des maillons faibles. Beaucoup de nos compatriotes n’en reviennent pas encore que le Chef d’Etat ait choisi de maintenir un Premier ministre (au passé sérieusement trop lié avec des intérêts privés du milieu fournisseur des produits pétroliers) et nommé Chef de gouvernement par le sulfureux président Hery Rajaonarimampianina (en fin de règne) mêlé à des tas d’affaires obscures jusqu’ en 2018. Il est temps pour le Président de la République d’envisager sérieusement un changement drastique capable d’aboutir à la finalité de ramener la prospérité effective dans chacun des Fokontany de l’île, sans plus craindre l’insécurité. Il est temps de remettre la pendule à l’heure, de renforcer la confiance de la population «envers les dirigeants et les institutions, envers les administrations » et pourquoi pas avec la classe politique. Conditions incontournables pour instaurer dans la durée un Etat de droit respectueux des valeurs républicaines pour le bien-être et avec la reconnaissance populaire des habitants jouissant des revenus équitables des biens communs. Débarrassé des valets d’une oligarchie ploutocratique, Madagascar, l’une des nations phares des années postcoloniales ne sera plus alors «le dernier de la classe ». Ce n’est pas du délire. Il suffit qu’au pouvoir on soit motivé qu’avec le soutien sincère de ses compatriotes de bonne foi convaincus, on peut assurer un avenir heureux à ce pays.
Noel Razafilahy