La Gazette de la grande ile

LE TENNIS EN PERDITION, À CAUSE DE QUERELLES INTESTINES !

Publié le 02 novembre 2022

Comme bon nombre de disciplines, le tennis malgache traverse en ce moment une période de guerre froide entre son Comité Directeur et sa Direction Technique Nationale. Pour pouvoir bien comprendre par où le bât blesse entre ces deux entités qui assurent le bon fonctionnement d’une discipline sportive, il est nécessaire de décrire les rôles et attributions de chacun.

En effet, la CHARTE DU TENNIS MALAGASY est un outil ou moyen mis en place pour la bonne gestion du milieu tennistique. Pour ce faire, il a prévu tous les cas pouvant se produire dans tous les domaines de la balle jaune, de telle manière à éviter les décisions impromptues et partisanes favorisant un athlète, un dirigeant ou une structure de tutelle. Ces règles écrites qu’on doit appliquer dans la transparence, définissent les rôles et attributions de chaque entité.

Dans le cas de ce sport qui nous intéresse, le Comité Directeur de la Fédération Malagasy de Tennis (FMT) définit l’orientation de la politique générale, et elle se doit de chercher et gérer les moyens financiers pour réaliser ses visées. Quant à la Direction Technique Nationale (DTN), elle va trouver et mettre en place les voies et moyens techniques définis par les objectifs fixés par la FMT.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est de bon aloi de faire le descriptif des forces en présence.

D’un côté, le fougueux nouveau Président de la FMT venant d’Antsirabe, ne connaissant ni les arcanes du tennis malagasy, ni son historique, s’est constitué une mafia de parents de joueurs issus d’un même club, pour gérer la Fédération (SIC). Ce nouveau Roi s’est octroyé un fou dans son staff, et même si ce dernier ne fait pas partie du sérail tennistique (le monde qui vit du tennis et son environnement direct), il veut absolument être DTN à la place du DTN. Dans ses actes, il a déjà rejeté l’existence et l’application de la CHARTE du TENNIS MALAGASY qui est un outil indispensable, car il constitue une référence écrite à toutes les actions et décisions de la FMT, occultant ainsi toutes les décisions intempestives et partisanes, ainsi que les magouilles qui peuvent survenir dans cette entité. Profitant de la crédulité du Président de la FMT, ce soi-disant juge arbitre international africain (sic), espère mettre la main sur le tennis malagasy par le biais de ce titre ronflant.

De l’autre côté, la Direction Technique Nationale constituée par tous ceux qui ont porté très haut les couleurs de Madagascar, dans les joutes internationales du tennis, à commencer par Max, Dally, Natacha et Tatum Randriantefy, Jacob et Germain Rasolondrazana, Rija Rajaobelina, Harivony Andrianafetra, Basile Ramanantoinina, Rapool, Manga Rakotoniaina, Tsiry Rafransoa, Fanilo Rasolofo, Ernest Ramangasoavina, Solange Rasoarivelo, Viviane Faratiana et tant d’autres qui se sont sentis blessés par certaines paroles du roi et son fou attitré.

En bref, ce qu’on va conter ici dans les moindres détails, va opposer : les membres de la FMT dont la plupart sont des nouveaux venus dans le giron du tennis, à l’armada de la DTN qui a fait la renommée du tennis malagasy.

L’historique de la collaboration de la FMT avec le DTN était comme suit. Le Président cherchait un DTN pour remplacer le précédent qui avait eu un AVC, et pour cela, il s’était adressé à moi, Max Randriantefy qui auparavant avait déjà occupé ce poste. Ayant vu le désarroi de ce jeune Président de la FMT et sa velléité de bien faire, j’avais accepté son offre pour l’intérêt suprême de ce sport, et aussi, je voulais rendre au tennis les bienfaits qu’il m’avait donné. Alors je m’étais entendu avec le quémandeur, que je pouvais officier à ce poste qui nécessitait des conditions particulièrement difficiles à trouver, car il fallait (selon les textes ministériels) être enseignant d’Education Physique Sportive pour l’occuper. Toutefois, j’y avais mis une certaine condition comme quoi : vu mon âge avancé, j’avais demandé à n’œuvrer qu’une seule année à la tête de la Direction Technique Nationale, le temps d’apprendre aux jeunes techniciens les rouages d’une bonne gouvernance en matière de gestion d’une discipline sportive. Et cela fut accepté d’un commun accord.

En prenant mon poste, je me suis aperçu que pendant six mois, aucune activité tennistique n’avait été organisée. Pour moi, c’était une urgence d’agir pour signifier l’existence de la FMT dans le monde du tennis. Après seulement trois semaines de prise de fonction, j’avais mis en place :

- la CHARTE DU TENNIS MALAGASY qui est un outil de base très important pour une nouvelle mise en place structurelle plus efficiente, car respectant la réalité de ce domaine sportif.

- Le nouveau concept d’un classement numérique à l’instar de l’ATP ou du WTA.

- L’ORGANIGRAMME du tennis malagasy.

- Le PROGRAMME ANNUEL.

- La première OPEN DES PROVINCES (Analamanga)

Cette première compétition nationale organisée par la FMT, et se déroulant sur le site du tennis de MAX SPORT CLUB, fut snobée par le Président lui-même, chose que personne n’a comprise.

Tout cela allait très vite car vu le temps que je m’étais imparti avec la bénédiction de la FMT, la sortie même du programme annuel a mis en évidence qu’il y avait des dates limites concernant bon nombre d’activités. Ces dernières qui se suivaient, avaient affolé les membres du bureau directeur de la FMT qui, décidément n’ont aucune expérience dans le monde de l’organisation. En effet, dans le feu de l’action, ils ont complètement oublié que le mode opératoire d’une organisation purement technique telle la sélection pour la CJSOI, ne leur appartenait pas, car il est uniquement de l’apanage de la DTN.

C’est là que je m’étais aperçu que ces éminents membres du Comité Directeur de la FMT, n’avaient jamais lu la CHARTE du Tennis malagasy. Alors au niveau de la FMT, ils avaient décidé d’adopter une direction collégiale (SIC), dont les membres allaient voter sur une chose purement technique, bafouant allègrement les droits fondamentaux de la DTN, car il s’agissait de l’adoption de la formule de sélection dans la compétition des jeunes pour la CJSOI. Il a donc été décidé par unanimité dans cette entité dirigeante que le tournoi était OPEN, et qu’il allait se jouer en ROUND ROBIN, c’est-à-dire dans une poule unique, et où tout le monde rencontre tout le monde.

Ces bleus du tennis ne savaient même pas, que c’est moi qui avais créé toutes les formules de compétitions ayant trait au tennis à Madagascar. Trouvant cela aberrant, et en tenant compte de ma qualité de chef de la Direction Technique Nationale, je passais outre à leur recommandation qui s’avérait dangereuse pour des enfants en pleine croissance, vu la charge physique imposée en quatre jours successifs, et vu le nombre de matchs à jouer qui est impossible à boucler. En effet, en faisant les comptes : si vingt garçons et vingt filles se sont engagés, un enfant doit alors faire au moins dix-neuf matchs chacun, et les quatre courts disponibles accueilleront un total de 380 matchs. Prévoir ces cas qui sont extrême, doit être l’apanage d’un bon organisateur. Eh oui ! Organiser c’est prévoir…

Heureusement, tel n’était pas le cas, car ces gens-là qui n’avaient strictement rien à voir avec la partie technique, pouvaient TUER ou HANDICAPER des gosses par leur incompétence agissante. C’était une chance pour les enfants engagés dans cette compétition qu’avant la sortie du tableau final, ils s’étaient aperçus qu’ils s’étaient complètement gourés, et s’étaient enfin rabattus sur ma première idée qui était de procéder à des poules se jouant en formule Round Robin, dans certaines phases du tournoi. Tout ce revirement s’était fait sans reconnaissances, sans excuses alors qu’ils avaient tout faux.

Au contraire, cet intermède m’avait valu une sanction administrative telle une « demande d’explication » de la part du jeune Président de la FMT, suivi d’une interdiction de « prendre des initiatives sans son aval ». Et encore, sur huit réunions de la FMT, dont six fois ce nouveau Roi du tennis était absent, la situation ne pouvait que pourrir. Et c’est sur ces faits qu’apparut la dissension entre les deux entités…

Au début de ma mission, j’ai vu que des actions étaient en cours de réalisations, et comme j’ai pris le train en marche, je ne voulais pas me comporter comme un arriviste qui fait table rase sur ce qui existait avant moi comme :

- L’organisation des compétitions internationales des jeunes.

- Ainsi que les Championnats de Madagascar…

Par élégance comportementale, j’ai laissé à César ce qui est à César. D’autant plus que cela a été convenu d’avance avec la FMT, mais dommage que malgré ce deal, certaines piques du jeune président sur mon non-ingérence à ces compétitions m’avaient blessée, alors qu’il savait depuis le début ma position sur ces actions fédérales. En fait, je n’étais pas chaud pour la poursuite de ces concepts dans lesquels je n’adhérais pas, mais alors pas du tout ! Ma déontologie me susurrait de ne pas intervenir sur ce qui a été fait, et de me conformer à mon éthique qui est le respect de ce qui a été commencé, et par qui de droit il doit être mené à terme.

Je trouve que le despotisme de cette fédération est en train de tirer vers le bas le tennis malagasy, s’il continue dans ce travers où le Président en exercice veut en faire un tremplin politique. En effet, il voulait coûte que coûte organiser les Championnats de Madagascar à Antsirabe son fief d’origine, alors que le budget y afférent se chiffrait à quatre-vingt millions d’ariary. Pour cela, il s’est octroyé les promesses financières de la ministre de la communication et de la culture, pour la réalisation de ce projet au coût faramineux. Mal lui en a pris car, ce n’était que des promesses politiques, des rêves loin de la réalité.

Avec le fou du roi, les deux font la paire. Dans l’affirmation de notre juge international, je suis entièrement contre les soi-disant directives de la Confédération Africaine de Tennis (CAT) rapportées par ce dernier, qui stipulent que les matchs internationaux des jeunes, doivent se jouer sans arbitre et sans ramasseurs. Il y aura donc :

- moins de solennité dans ce sport, car les matchs vont s’apparenter à des séances d’entrainements,

- moins de spécificité de notre tennis à caractère humain, due à inexistence de ramasseurs et de juges de lignes qui seront voués aux gémonies.

Il faut que la FMT qui ne possède aucune structure tennistique sache, qu’elle doit collaborer avec les clubs, en ménageant l’environnement sociétal de ces derniers. Mettre un peu d’empathie pour ceux qui vivent du tennis et gagnent leur vie au jour le jour sera la bienvenue.

En assistant à beaucoup de tournois dans tous les pays en tant que cadre technique de la Fédération Internationale du tennis (FIT), je puis affirmer que : chacun d’eux a son indépendance organisationnelle. Pour étayer mes assertions : il faut voir celle des PETITS AS DE TARBES (France) et tant d’autres au monde, dans lesquelles il y a des ramasseurs, des juges de ligne et des arbitres. J’ai remarqué que pour l’Afrique, le tennis n’est qu’un champ d’expérimentation de nouveaux paradigmes, et les suivre dans leurs errements, c’est tuer notre tennis national (CF : l’histoire des balles de couleur chez les jeunes pendant les matchs internationaux). Le tennis malagasy a besoin de s’imprégner des meilleures prestations organisationnelles, qui en plus était le point fort des FMT successives. Eh oui ? C’était le cas avant la descente aux enfers dans ce domaine précis, générée par l’arrivée au pouvoir de ce sinistre fou protégé du roi, qui se croit dépositaire du savoir tennistique. En bref, il faut cesser de copier les nuls, en allant voir plus loin que les insuffisances africaines.

Où en sommes-nous maintenant ? A peine deux pelés, trois tondus viennent voir nos matchs internationaux et nationaux. Le tennis fédéral à qui on doit redorer le blason, se trouve encore dans les méandres d’une reconnaissance non acquise au niveau nationale où tout est à refaire. Dans l’état actuel des choses, la FMT s’échine plutôt à satisfaire les parents de nos jeunes joueurs, en organisant une succession de compétitions pour ces derniers, plutôt que de songer à rétablir l’équilibre organisationnel qu’on doit observer, quand on est à la tête d’une structure fédérale. Effectivement, dans la logique, il faut alterner les compétions des jeunes uniquement, avec les compétitions toutes catégories dans lesquelles les jeunes peuvent participer ; mais cela n’est pas le cas aujourd’hui, on est en mode jeunes, jeunes, jeunes (SIC)

La rupture avec les autres catégories est consommée ! J’ai vu qu’une fois encore, on a reculé pour le mois de décembre les championnats de Madagascar pour les autres catégories (SIC), alors que jamais au grand jamais, on n’a organisé un tournoi national en pleine période de pluies, à cause des risques majeurs d’intempéries. Est-une autre stratégie pour renvoyer sine die l’organisation des championnats des autres séries ?

Pourtant, comme convenu avec le Président de la FMT au tout début de notre collaboration, on allait adopter une politique de relance du tennis intramuros, mais cela n’est plus le cas aujourd’hui. Il s’est fait phagocyté par les parents de ces jeunes qui sont en train d’endetter le tennis, et par ricochet le Président de la FMT qui est inconscient des basses manipulations de son entourage. Ceci est prouvé par le montage budgétaire que j’ai intercepté où : 75% allait dans l’escarcelle des jeunes, et 25% seulement pour le tennis intramuros des autres séries.

Pour conclure, on aurait pu laver notre linge sale en famille, mais à cause du venin lancé par le fou du roi qui à lui seul a pu salir l’environnement du tennis, il est temps que toute la Direction technique Nationale s’insurge contre le Diktat d’un Président mal conseillé par ses sbires…

MAX RANDRIANTEFY

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