Publié le 14 novembre 2022
A propos toujours de cette vérité frustrante sur «une équipe qui gagne et qu’il ne faut pas changer », n’importe quel citoyen de Madagascar ne peut que se sentir insulté. Rien qu’à l’idée d’être obligé de reconnaître que la terre de ses ancêtres a la réputation honteuse mondialement reconnue de figurer parmi les pays les plus pauvres… Alors que nous sommes dirigés par Christian Ntsay, Premier ministre d’un gouvernement d’une bande de quelques très richissimes ministres grassement payés avec l’argent de l’Etat. Or pour eux, le bien-être de leurs malheureux compatriotes est le dernier de leurs soucis. Leurs préoccupations sont ailleurs et ne tournent qu’autour des richesses mal acquises pour assurer leur avenir le jour où ils ne seront plus dans la conduite des affaires publiques.
Beaucoup d’autres avant eux jouissent maintenant du luxe des privilèges et du confort des avantages de l’exil doré hors du pays. Pendant que sur cette île aux richesses naturelles (minières, halieutiques et autres), elles sont pillées à longueur d’année par des investisseurs prédateurs (comme QMM, le Projet Nickel Ambatovy et que sais-je encore…) favorisés par les combines affairistes de quelques dirigeants leurs valets, la paupérisation rampante des habitants reste et demeure une réalité existentielle accablante. Difficilement supportable…Si le concert des nations ne semble voir la cause essentielle de cet appauvrissement de la population qu’à travers des paramètres sur la croissance excédentaire de la population par rapport à la production, c’est par mauvaise foi mercantiliste, il ferme les yeux sur les profits toujours capitalistes d’une géopolitique mondialiste au profit des pays industrialisés. Est-ce que les partenaires techniques et financiers ignorent réellement cette hémorragie de lingots d’or par tonnes de matières premières et ces fuites de devises vers les paradis fiscaux, ces relais de la puissance monétaire mondiale ?
Revenons sur terre. Il faut arrêter de délirer avec les élucubrations oiseuses. Si la majorité de la population de ce pays croupit dans la précarité, c’est uniquement parce qu’une minorité détient pratiquement le contrôle de l’avoir et de l’ensemble du secteur économique par leur influence sur le pouvoir et les institutions financières. Les banques appartiennent, ou plus précisément ont été toutes bradées à des riches groupes étrangers qui dictent leur volonté au sein de toutes les activités commerciales et industrielles. La masse n’est plus que le jouet de cette puissante oligarchie. Réduits au rang de consommateurs et de machines à voter lors des élections, les citoyens doivent courber l’échine et même les dirigeants sont aux ordres de toute une mafia qui dominent le pays sans en avoir l’air. Si les exploitations de toutes nos richesses étaient maîtrisées par nos décideurs et que les revenus légitimement rapportés par ces ressources pouvaient être répartis équitablement à travers toutes les collectivités, nous n’en serons pas dans cette misère que nous vivons chaque jour que Dieu fait.
Pendant que les ex-présidents de la République, les anciens ministres et les futurs ex-ceci ou ex-cela nagent déjà dans les produits financiers de leurs compromissions étatiques et n’arrêtent pas de fêter les millions d’euros ou de dollars de leur fortune, l’Androy, Ikongo et tout l’arrière-pays font de la survie avec des feuilles et des fruits cactus, n’importe quoi, puis partir du dicton «ad patres» pour « manger les pâquerettes par la racine »… Il serait malhonnête de faire croire que le Timonier n’a pas pris les dispositions à son niveau pour lutter contre ces maux. Ils sont à l’origine des effets de la décadence sous toutes les formes (culturelles, institutionnelles, structurelles et pourquoi pas politiques aussi). Après la chute de Philibert Tsiranana, le premier président de la République de Madagascar et la mise en place d’un centralisme d’une perversité nuisible au profit de la dictature et de l’hégémonie de la capitale, la malédiction de Tsiranana, ce bouvier d’Analalava devenu Père de la nation, est tombée sur le pays…La situation pourra un jour s’améliorer à condition que le Chef de l’Etat en personne prend la peine de se débarrasser « d’un Chef de gouvernement devenu inutile», d’une cour de voyous et d’un harem de courtisanes dignes d’une basse-cour qui ne font que caqueter provoquant « des vagues médiatiques des détracteurs de service par les fuites indiscrètes sur les affaires relevant de la raison d’Etat… »