La Gazette de la grande ile

Secteur textile : tous les voyants sont au rouge

Publié le 13 novembre 2022

Des chiffres alarmants, dixit monsieur Coffi Agossou, le directeur du bureau de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Madagascar le 10 novembre 2022 lors du Business forum sur le travail décent le 10 et 11 novembre 2022 au NOVOTEL Antananarivo. Pourtant, l’Union Européenne et l’OIT cofinancent le projet « Chaînes d’Approvisionnement Durable pour Mieux Reconstruire » pour le compte du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales dans le but d’améliorer le domaine du textile. Mais les chiffres du dernier forum montrent que tous les voyants sont au rouge pour le secteur textile alors que c’est un secteur d’activité qui joue un grand rôle dans l’économie de Madagascar.

Des conditions de travail déplorable

D’après les chiffres de ce même forum, 43% des travailleurs dans le milieu du textile n’ont pas de sécurité sociale, donc travaillent dans des conditions informelles, 43% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté ; c’est-à-dire qu’ils vivent avec moins de deux dollars (2$) ou neuf mille ariary (9000 ar) par jour. Ce qui est un fait présent depuis déjà des années, mais les responsables du ministère concerné ne disent rien comme si c’est normal. Pour les femmes, 48% d’entre elles ne peuvent même pas allaiter leurs enfants durant les heures de travail. Certaines ne peuvent pas jouir de leur droit de congé de maternité. L’OIT se positionne comme lanceur d’alerte et ses représentants à Madagascar font leur travail, mais les autorités locales tardent à réagir face à la situation. Jusqu’ici, aucune action concrète du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales visant à protéger les travailleurs n’a vu le jour.

Salaire de misère

La plupart des entreprises franches œuvrant dans le textile opte pour le salaire minimum exigé par l’Etat qui est de deux cents cinquante mille ariary (250.000 ar), salaire qu’on peut aisément qualifier de misère car par rapport au coût de la vie et à l’inflation en tout genre qui va du nord au sud du pays. De plus, la charge de travail ne convient vraiment pas à ce salaire. On doit réagir à tous les niveaux car les travailleurs, en plus de travailler dans de conditions atroces, sont rémunérés pour un salaire de misère. Il arrive qu’un travailleur d’entreprise franche peut travailler plus de dix heures (10 heures) dans une journée de travail alors que l’heure légale de travail est fixée à huit heures (8 heures), et le tout sans être rémunéré des heures supplémentaires et/ou des heures majorées.

L’Organisation Internationale du Travail a pour but de faciliter la marche vers une industrie textile durable et compétitive, et insiste dans le dialogue social dans le milieu du travail pour servir la justice sociale et prévenir des inégalités existantes dans le milieu. De gros efforts à fournir, surtout sur le fait que beaucoup de travailleurs Malagasy dans le secteur textile ne jouissent pas encore d’une sécurité sociale ou d’une assurance santé. L’absence ou le manque de notoriété des délégués syndicaux au sein des entreprises ne facilite pas l’œuvre des lanceurs d’alerte ou le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales dans la protection des travailleurs.

Ravo (Stagiaire)

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