La Gazette de la grande ile

Tolérance zéro contre la corruption : on est loin du compte, dénonce la société civile

Publié le 19 novembre 2022

La corruption gangrène tout le pays avec une impunité totale renforcée. A Madagascar, la tolérance zéro n’est pas pour les personnalités haut placées. Impossible d’appliquer la tolérance zéro contre la corruption dans le pays puisque que le questeur de l’Assemblée nationale est parmi les têtes de file de la violation desdites lois. Or, la plupart des dossiers en question sont très importants et impliquent souvent d’anciens ministres et hautes personnalités du pays pour des affaires de corruption, de détournement de deniers publics et autres crimes. Plusieurs éléments indiquent que l’on s’éloigne de plus en plus de la tolérance zéro à l’égard de la corruption, d’après les organisations de la société civile (OSC). Une tendance confirmée, par la stagnation de Madagascar au niveau de son score à l’indice de perception de la corruption de Transparency International et dans les autres classements mondiaux liés à la transparence et à l’intégrité. Le score de la Grande Ile est de 26/100, ce qui la place au 147ème rang mondial sur 180 pays, classant le pays parmi les plus corrompus au monde.

Les OSC pointent du doigt certaines décisions prises par le Gouvernement concernant notamment la réduction de l’indépendance des Pôles anti-corruption par certaines dispositions de la loi 2016-021, la modification du rôle du Comité de Suivi-Evaluation des PAC qui donne la place à la volonté de l’exécutif pour le renouvellement ou non des magistrats des PAC, le retrait de la compétence des PAC sur les infractions économiques. Les OSC déplorent que seuls deux PAC sont opérationnelles sur les six prévus, à deux ans de la fin de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (SNLCC), et que la Haute Cour de Justice est inopérante en raison d’un blocage au niveau des députés. Il y a également la constatation de la fin de mandat de plusieurs magistrats en poste au niveau du PAC Antananarivo alors que le recrutement est difficile, faute de magistrats qui remplissent tous les critères de sélection. Les OSC implorent la poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) adoptée en 2015, le maintien des magistrats siégeant actuellement au Pôle anti-corruption, ainsi que le traitement effectif et immédiat de l’ensemble des dossiers de corruption en souffrance par la Haute Cour de Justice.

Nina

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