Publié le 18 novembre 2022
Neuf mois après le passage des cyclones de la saison cyclonique 2021-2022, bon nombre de salles de classe ne sont toujours pas rebâties ou réhabilitées. L’Atsimo Atsinanana fut l’une des régions les plus affectées par les cyclones, notamment Batsirai, cette année. Dans le point de situation à la date du 14 février à 19h00 partagé par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), on peut rapporter 2 562 salles de classe complètement détruites, 1 085 salles de classe décoiffés, 901 salles de classe partiellement détruites dans 21 régions du pays. Selon le même rapport, cette situation a fait 133 627 élèves privés de cours. Neuf mois après les faits, le secteur de l’éducation ne s’est toujours pas relevé.
Dans son édition du journal du 10 novembre à 12h30, la télévision malagasy (TVM) rapporte que bon nombre de salles de classe ont été ravagées par les cyclones dans la région Atsimo Atsinanana. Ce sont les propos du gouverneur de la région, Justin Mahafaky. Dans le reportage, la TVM rapporte que dans l’école primaire publique (EPP) d’Ampasindava dans la zone d’administration Ampasimalemy, deux salles de classe ont été ravagées suite au passage de cyclone au début de cette année. « Les enseignants essaient d’organiser les cours. Pour le moment, une salle accueille la classe de septième durant la matinée. L’autre salle accueille les classes de onzième, dixième, neuvième et huitième, tous les deux jours. Il est à craindre que cette réduction du volume horaire affecte le niveau des élèves. Aussi, le programme ne serait pas achevé à temps », explique le directeur de l’école, Gueguette Rasoanirina.
Les problèmes d’infrastructure que l’on a toujours mis au second plan, vu comme étant du luxe et donc pas importants, affectent pourtant l’apprentissage des élèves. L’environnement dans lequel ils apprennent est tout aussi important, raison pour laquelle le Champion s’efforce de construire des écoles soi-disant aux normes, en dépit des infrastructures scolaires déjà existantes qui sont en piteux état. Les infrastructures et matériels sont importants, surtout quand cela peut aussi porter atteinte à la vie des élèves.
Toujours à l’EPP d’Ampasindava, la première responsable fait aussi part du manque de tables-bancs. «Les élèves sont contraints d’apprendre à même le sol », indique-t-on. Si l’on revient aux salles de classe détruites, le nombre d’heures de cours se voit ainsi considérablement réduit. Dans les Données mondiales de l’éducation, VII Ed. 2010/11 publié par l’organisation des Nations Unies pour l’Education la science et la culture, on peut lire : « Si le temps moyen prescrit au primaire est de 27 heures et 30 minutes par semaine, soit un total annuel théorique de 891 heures, dans la pratique il a été constaté que ce volume horaire est rarement respecté par les enseignants ». Dans la foulée, le rapport poursuit que : « Pour diverses raisons, ce volume horaire est ramené entre 550 et 734 heures par an selon les résultats d’une étude qualitative menée dans cinq circonscriptions scolaires en janvier-février 2004. Les classes échelonnées et l’absentéisme ont rendu difficile l’application du volume horaire prescrit. Les classes échelonnées sont une pratique au niveau des écoles qui organisent plusieurs vacations par jour afin de pouvoir enseigner séparément à des petits groupes d’élèves des différentes années d’études. Cette pratique entraîne une forte réduction du temps d’apprentissage qui n’est plus que de 20 heures par semaine au lieu de 27 heures et 30 minutes ». En effet, le niveau primaire auprès des établissements publics ne travaille qu’une demi-journée tout au long de l’année scolaire depuis plusieurs années et ce jusqu’à présent.
Face à cette situation, des questions trottent dans la tête. Parmi elles, quid des sujets d’examen officiel sachant que les élèves de la région Atsimo Atsinanana par exemple, n’auront pas le même niveau que ceux des circonscriptions scolaires d’Antananarivo ? Bénéficieront-ils de circonstance atténuantes, et donc des sujets différents ? Ou procèdera -t-on plutôt à une dévalorisation nationale ?
Aina P.