De nouveaux groupes à Ambohimanambola: Le délestage va reprendre !

Trois ans après sa promesse, le président Hery Rajaonarimampianina a réussi à installer à Antananarivo la capacité de production électrique nécessaire aux besoins de la capitale, sa population, ses entreprises et son éclairage.

La société turquo-mauricienne Aksaf est, en effet, en train d’installer les 11 groupes électrogènes que l’avion géant Antonov 124 a déchargés le mois dernier. D’une puissance de 6 MGW chacune, les machines sont prévues de démarrer à partir de la date symbolique du 26 juin pour atteindre leur puissance maximale au mois d’août.

Pareillement, les 2 groupes de 24 MGW chacun d’EDF que Jovenna a ramenés de La Réunion, sont encore en phase d’installation. Les premiers essais sont prévus la semaine prochaine et la phase d’exploitation à partir du mois de juillet.

De son côté, l’américain Symbion Power va enfin pouvoir remplir son contrat. Deux ans après sa prise en main très controversée, l’ancienne usine de la Jirama est annoncée atteindre, au mois de juillet, sa capacité maximale de 40 MGW.

Bref, l’hiver sur les hauts plateaux est promis de pouvoir faire face aux besoins en énergie électrique car à ces nouvelles centrales en cours d’installation, il y a déjà celles qui sont en pleine exploitation. Il y a les 50 MGW d’AF ¨Power qui ont été initialement installés à Antanandrano Ambohitrarahaba avant d’être transférés à Behenjy à la suite de la récrimination des riverains contre la nuisance sonore et la pollution apportée par la fumée. AF Power est l’associé de la compagnie nationale turque Aksa Energy pour créer Aksaf qui s’installe à Ambohimanambola près de la centrale de la Jovenna. A cela s’ajoutent les 40 MGW de l’entreprise britannique Aggreko et les 20 autres MGW qu’offre le groupe Fraise.

Cette capacité thermique pourrait été augmentée grâce à l’appui des Israéliens. Représen-

tant probablement la compagnie nationale d’électricité d’Israël, IEC, une petite délégation a atterri à Ivato, il y a une dizaine de jours, à bord d’un jet privé. Les 5 personnes composant la délégation ont de suite pris le chemin d’Iavoloha pour une rencontre avec le Chef de l’Etat avant d’effectuer une visite éclair à Ambohimanambola. Deux des membres de la délégation sont restés sur place manifestement pour évaluer l’ affaire et poursuivre les discussions. La compagnie israélienne va-t-elle réhabiliter et reprendre les 4 groupes de 6 MGW chacun qui restent aux mains de la Jirama à Antanaanarivo ?

Ce dont on est sûr est que ces centrales thermiques peuvent à elles seules assurer les besoins de la capitale en électricité. Ce qui est de bonne augure avec la fin de la période de pluie qui d’après les prévisions, n’est pas près de reprendre de sitôt. En plus clair, la période de sécheresse risque de se prolonger beaucoup plus que d’habitude. Dans le milieu de l’énergie, on parle plutôt d’étiage qui est le débit minimal du cours d’eau lequel est synonyme de baisse de la production d’énergie hydroélectrique.

Malgré cette augmentation de l’offre des centrales thermiques et quelles que soient les mauvaises prévisions climatiques, notamment la poursuite de la sécheresse qui va affecter gravement la production d’électricité d’origine hydraulique de la Jirama, le délestage risque cependant de reprendre de plus belle. L’Etat n’a pas, en effet, les possibilités pour réaliser ses ambitions, la promesse de son chef. Comment ce dernier peut-il rêver de régler une bonne fois pour toute le délestage quand le FMI, la Banque mondiale et l’ensemble des bailleurs de fonds l’empêchent de financer les pertes de la Jirama qui est obligée de vendre à perte pour des raisons sociales ?

En réalité, c’est la volonté qui manque. Tel qu’il est évoqué ci-haut, les 60 MGW en cours d’installation d’Aksaf sont, en effet, le fruit du mariage avec AF Power lequel pratique déjà chez nous un coût de 0,29 cents le kilowattheure . Cela suppose que l’électricité produite par les nouveaux groupes sera facturée au même prix sinon plus, soit près de 5000 Fmg contre à peine 2000 Fmg le prix facturé au client. Pour la Jirama, cela s’exprime par des centaines de milliards de pertes. Pourquoi l’Etat ne réagit-il pas ?

La réponse serait les enjeux financiers. Une modeste commission sur les 30 000 m3 de carburants livrés à la Jirama se chiffrerait à quelques dizaines de milliards. On ne parle pas des éventuels cadeaux fournis par les producteurs privés d’électricité qui livrent le kilowattheure à trois fois plus du tarif établi par les données officielles.

Sur la bonne voie de la lutte contre la corruption, le président Rajaonarimampianina rallierait avant l’heure de nombreux suffrages en agissant contre le niveau élevé des prix de l’électricité. On croit, en effet, savoir que les tarifs de l’électricité trouveront leur chemin de vérité si l’Etat exige la publication de la structure des coûts de ces entreprises privées de production d’électricité. Depuis des années, ces entreprises ont fait d’énormes bénéfices et continuent de le faire malgré les amortissements. Pire, elles semblent jouir d’un statut spécial grâce auquel l’Etat et la population ne peuvent pratiquement réagir. Et pourtant, des opérateurs étrangers seraient prêts à investir dans ce secteur avec des coûts de 15 cents en dollars le kilowattheure, soit environ 2500 fmg, contre au minimum 4500 francs imposés par les traditionnels fournisseurs. Qui pourrait accepter de la sorte voir son portefeuille se faire délester ?

Sa

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