Lutte contre la corruption: Bianco et Samifin… même combat
Les résultats de la lutte contre la corruption déçoivent lorsqu’on voit le classement de Madagascar qui a régressé lors de la présentation de l’IPC par Transparency international. Les résultats de la lutte contre le blanchiment d’argent déçoivent également lorsqu’on regarde le rapport fait par la Banque mondiale. Mais il est une chose que l’on ne peut nier, le Directeur Général du Bianco et le Directeur Général du Samifin ne font pas dans la langue de bois ni dans la complaisance ; ces deux personnages informent le public et rendent compte à la population des activités de leur organisme ; ces deux personnages se distinguent de beaucoup d’autres responsables par leur courage de dénoncer ce qui ne va pas et d’informer le public sur les limites de leur mission.
Si l’affaire de la fameuse Claudine a été traitée au Bianco et s’est terminée en queue de poisson, la dame n’ayant pas répondu aux convocations et s’étant montré lors de la cérémonie de présentation des voeux à Iavoloha comme si elle y logeait, il ne faut pas oublier que le Bianco n’a pas le pouvoir de la mettre en prison ou de lui dire de rendre l’argent qu’elle aurait détourné, cela relève de la justice…
Le DG du Samifin quant à lui a particulièrement brillé quand publiquement dans son discours au Ministère des Affaires Étrangères, il a dénoncé l’intervention du sénateur de toutes les couleurs, de tous les régimes, de tous les râteliers qui s’est permis d’exiger la démission du Directeur Général du Bianco pour avoir osé s’en prendre à la protégée dudit sénateur, c’est le DG du Samifin qui a osé dire publiquement le ridicule de la situation et qui a dénoncé publiquement que ce sont pas les gens qui fraudent aux lois qui vont se permettre de donner des leçons à ceux qui luttent pour une effectivité de l’Etat de droit.
Certes, l’impuissance et la résignation des deux responsables -Bianco et Samifin-est perceptible étant donné qu’ils ne peuvent agir au-delà de leur compétence, mais lorsqu’on sait que ces deux responsables sont des magistrats et qu’ils osent prendre des positions montrant par là même leur indépendance d’esprit, leur courage et leur volonté de changer les choses…on ne comprend pas pourquoi le blocage de tous ces dossiers se situent au niveau de la justice. N’y a-t-il pas des magistrats à l’instar de ces deux Directeurs Généraux qui puissent traiter en toute indépendance les dossiers qui leur sont transmis, qui puissent avoir le courage de ne faire appliquer que les lois et ne pas céder aux pressions, qui ne se cachent pas indéfiniment derrière le devoir de réserve ?
Les deux directeurs généraux ont certes été nommés par décret du président mais ils n’ont pas été choisis par le président ; leur nom a été proposé sur une liste de noms sélectionnés déjà avec une procédure bien précise ; non seulement ils informent la population mais en plus ils ont le courage de faire avancer les choses. Si les résultats sont insatisfaisants ce n’est pas du fait des personnes à la tête des institutions, c’est du fait de la défaillance de toute la chaîne de lutte contre la corruption et de la chaîne de lutte contre le blanchiment d’argent!
Claude Rakele