Justice sauvage: Quand la police s’y met !

Les méfaits se sont produits dans la région SOFIA au nord ouest de la Grande-Île. Depuis le mercredi 22 février, la région a été le théâtre d’actes inqualifiables de 40 policiers armés. A en croire les sources, ces derniers se seraient vengés de la perte de 2 des leurs suite aux vindictes populaires qui se sont déroulés quelques semaines plutôt.

Cette situation est liée au fait que la population, ne faisant plus confiance à l’organe judiciaire se fait justice elle-même. En effet, un auteur présumé d’attaque à main armée et non moins opérateur de girofle a été tabassé à mort devant le commissariat de police de la ville de Mananara. C’est une foule en colère qui est restée sur place même plusieurs heures après le drame. C’est donc dans ces échauffourées que 2 policiers ont perdu la vie. Face à cette situation et pour essayer de maîtriser la population, pas moins d’une quarantaine de policiers armés ont été envoyés sur place. Dans le contexte actuel où les vindictes populaires font rage. Ces conditions sont certes déplorables, mais le pire est encore à craindre.

Bien que les policiers aient eu pour mission de rétablir l’ordre, c’est l’effet inverse qui s’est produit. Ainsi, le village dans lequel les deux policiers ont été tués, a été entièrement incendié. Pareil pour la ville d’Antavenina. Selon la version des villageois, les moyens de communications auraient été interceptés pour être entièrement coupés du monde extérieur.

Pour le ministre de la Sécurité publique, le son de cloche est tout à fait différent. En effet, selon lui, les actes incendiaires doivent être imputés à un pyromane. Ajoutant même que les feux avaient déjà été signalés par les forces de l’ordre. Une version des faits qui est pourtant bien différent de celle des élus locaux qui rapportent des actes de violences policières ont été dénoncés.

Dans une structure normale, les policiers sont censés maintenir l’ordre et la sécurité sur un territoire déterminé. A plus forte raison, le moindre écart sera sévèrement réprimandé par de lourdes sanctions disciplinaires. A Madagascar, c’est le contraire qui se produit, à commencer par la région de SOFIA où les honnêtes gens ne savent plus où se mettre. Pris entre la colère d’une population qui ne croit plus en l’impartialité de la justice et l’esprit de revanche de policiers armés censés faire respecter la loi. Oui, mais quelle loi ?

Johan R.