Jirama: Au bord de la privatisation !
Pertes sur pertes que ce soit pour l’eau ou pour l’électricité, délestages, mauvaise gestion souvent impulsée par l’Etat, unique actionnaire… La liste est longue s’il faut répertorier tous les problèmes qui affectent la Jirama depuis des décennies. Des sources internes révèlent que l’entreprise serait près d’être privatisée. Et le futur repreneur ne serait personne d’autre qu’un des opérateurs privés qui travaille avec la Jirama. Or, les méga-subventions accordées par l’Etat à cette entreprise auraient été déjà englouties en partie par cet opérateur via ses centrales qui fournissent de l’électricité à la Jirama. Rappelons que le carburant pour la fourniture d’électricité issue du privé à cette société nationale est assuré par cette dernière. Autrement dit, la Jirama paie le carburant pour faire tourner les machines des opérateurs privés. Toutefois, elle achète souvent cette électricité à des tarifs plus élevés que ses propres tarifs à la vente. La suite est logique : la Jirama ne cesse de creuser ses pertes et doit toujours faire appel à l’Etat pour les combler. A la longue, ce système qui gonfle quelques poches, ne peut que pousser l’Etat à privatiser la Jirama, comme il est en train de le faire pour Air Madagascar. Certes, des experts en établissements à participation de l’Etat recommandent la privatisation de ces entreprises avec 49% de part pour l’Etat pour des meilleurs résultats, mais pour la Jirama, on dirait que les dirigeants successifs font tout pour ne pas sortir cette société de la crise.
L’on se demande pourquoi aucun texte n’est encore sorti sur les spécifications de l’huile lourde de Tsimiroro qui devrait servir certaines centrales de la Jirama. Ce problème dure depuis plus d’une année. Or, cette huile pourrait remplacer le même produit mais importé et donc nettement plus cher. De plus, le produit de Tsimiroro est moins polluant que l’importé si les autorités concernées veulent chicaner en matière de pollution atmosphérique. Mais il est fort probable que de gros intérêts peuvent être contrecarrés par l’entrée en lice de l’huile de Tsimiroro. Les problèmes autour de cette question n’est qu’un des maillons de la crise dans laquelle la Jirama est plongée jusqu’au cou. L’on peut, en effet, citer d’autres dont les vols d’électricité et de carburant, le non-paiement de factures, la gestion opaque de la Jirama, le manque d’investissement, ses statuts qui ne répondent plus à la loi en vigueur, les contrats avec ses fournisseurs et partenaires qui ont besoin de grand toilettage ou de même d’être résiliés… Face à ces différents problèmes, la société risque de ne plus tenir, d’autant que théoriquement, elle est déjà en faillite. Le dernier communiqué du Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants (SECES) dénonce l’intention de céder éventuellement et en toute opacité la gestion de la Jirama et d’Air Madagascar à un opérateur privé.
A son avis, ces deux sociétés sont les seules à assurer la souveraineté économique du pays. Or, elles sont affaiblies par des problèmes politiques et de gestion. Le syndicat affirme ainsi que ce n’est pas un péché pour les dirigeants de reconnaître qu’ils ne savent que faire pour redresser ces deux sociétés. Le pays regorge de techniciens, de bonnes compétences et d’intellectuels pour leur donner la main pour assainir ces entreprises.