chronique de razafilahy: Pourquoi Mahafaly Olivier doit démissionner ?
Au cours d’un débat public organisé par la Revue Afrique Contemporaine à Paris, avec la participation de l’ancien ambassadeur de France à Madagascar Jean-Marc Chataignier le 25 mars l’an dernier, l’illustre historien Jean Fremigacci avait émis « une sombre prédiction ». Se basant sur « la crise politique et économique dans laquelle continue de se débattre Madagascar », le professeur a osé avancer les propos suivants : « Le président Hery Rajaonarimampianina a été élu depuis plus d’un an et il ne parvient toujours à s’imposer. Une ploutocratie est aux commandes du pays et si çà continue comme çà, je vois bien une junte militaire décider de reprendre les choses en main. »
Très sûr de lui, partant de sa connaissance des réalités politiques de l’île, approuvé par les codébateurs, le diplomate en poste à Antananarivo aux heures les plus chaudes de la Transition, devenu plus tard Directeur Général de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), écarte cette éventualité extraconstitutionnelle en déclarant avec aplomb : « Une junte militaire ? Mais avec quelles troupes ? Les généraux n’ont pas d’hommes à mettre dans la rue ? » A presque un an de ce jour où celui « qui est considéré comme un des meilleurs analystes de l’histoire politique de la grande île » a voulu jouer le prophète des mauvaises augures, les faits semblent avoir donné raison à Jean-Marc Chataignier…Jusqu’à ce jour, malgré toutes sombres prévisions et les pessimistes constats des observateurs qui, tous voient juste et trouvent que le pays s’enfonce dans une misère et une paupérisation scandaleuse, aucun chef militaire n’a eu assez de courage pour oser tenter quoi que ce soit. Pure couardise ou tout simplement par pure sagesse prudente. Alors que selon les experts l’oligarchie au pouvoir ne représente qu’à peine 1% de la population et que rien n’a changé depuis janvier 2014 et que « tous les facteurs d’une crise sont là.» Chose inouïe, même si tous les indicateurs sont au rouge, les troupes grognent dans les casernes et que pour la population depuis l’Androy, en passant par Farafangana, Mananjary, Soamahamanina, Betsiaka, Antsakabary jusqu’au fin fond de Tsaratanana, « la justice populaire qui est une expression d’une forme de libération», selon Phil de Fer s’installe et risque malheureusement de faire tâche d’huile, Parce que les cornes censées défendre le cou et le ventre mou de nation restent insensibles à ce que subit la masse, les administrés indignés, par la mauvaise gouvernance « d’un régime discrédité par plusieurs affaires» scandaleuses se trouvent sur la pente dangereuse de la désobéissance civique.
La société civile, les syndicats et les hommes d’Eglises ne cachent plus le désarroi des habitants qu’ils n’arrêtent pas de dénoncer «le manque de probité, d’intégrité, d’honnêteté, de justice… dans le pays qui gangrène la vie des Malgaches ».Quand les justiciables n’accordent plus qu’une confiance de principe au régime après cette série de récentes bavures monstrueuses qui avaient coûté des vies humaines et provoqué le désaveu généralisé de l’opinion à l’endroit d’un Premier ministre, mauvais chef d’orchestre d’un gouvernement qui n’a jamais réussi à sauver la mise à leur patron le président de la cette 4ème République « qui ne parvient pas toujours à s’imposer.» Bon nombre des ministres ne ménagent guère leurs efforts pour faire honneur au choix du Chef de l’Etat qui les avait nommés, mais il suffit de quelques tires-aux-flancs tous juste attirés par l’appât du gain de la richesse mal acquise pour que tout aille de travers. Et ce n’est pas un trophée acquis au pays du prestigieux Mandela qui pourrait effacer toutes les turpitudes et vacheries institutionnelles commises sous l’autorité d’un Premier ministre trop enclin aux amitiés douteuses et perverties par les octrois des marchés publics. Larguer un maillon faible ne suffit pas, si le président tient encore à une longévité à la magistrature suprême, les raisons et les prétextes pour se débarrasser d’un Chef de gouvernement boulet ne manquent pas. Au fait, bon vent pour Andrianisa Mamy Jean Jacques ! Arrivé à la tête de la Police Nationale par la grande porte n’est pas à la portée de n’importe qui… S’il est parvenu là où il est se trouve après un parcours assez prestigieux, c’est que son passé professionnel lui a servi de caution légitime aux yeux de ses pairs.