Edito: Saison cyclonique, à chacun ses priorités
C’était annoncé, et ce, bien avant son arrivée sur l’île, le cyclone Enawo allait faire de terribles dégâts. Comme à l’accoutumée, les mesures prises par les autorités et les différents responsables sont très contestables. Si un bilan provisoire a fait état d’au moins 6 morts et d’une dizaine de milliers de sinistrés, un constat encore plus inquiétant concerne la mentalité de certains Malgaches. En un mot : lamentable.
Alors que la majeure partie de la population a pris des mesures circonstancielles pour faire face au cyclone Enawo, certains ont profité de cette occasion pour augmenter le prix des produits courants. C’était notamment le cas dans la ville de Nosy Be où, en moins d’une journée, le prix du riz a flambé. De nombreux commerçants ont fixé le prix du kapoaka de ce produit à 1.000 ariary. Augmentation au niveau du prix du kilo du zébu atteignant 12.000 ariary le kilo. Du côté de Bemasoandro Itaosy, la mentalité n’est pas moins lamentable. Augmentant le prix du kapoaka du riz local de 40 ariary. N’y a-t-il aucun contrôle pour que de tels commerçant fixent leur prix comme bon leur semble ? L’Etat a certes des problèmes plus importants à l’heure actuelle, mais cette situation reflète bien son incapacité à appliquer la vérité des prix, même sur les PPN.
Est-il nécessaire de rappeler que le cyclone a traversé quasiment toute l’île en 48 heures, entrant sur le territoire sur le versant nord est. Pourtant, ce n’est que lors de l’arrivée du cyclone dans la capitale que quelques membres du gouvernement ont donné signe de vie. Pour ne citer que le Premier Ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana ou encore le ministre de la population Onitiana Realy. Si un état des lieux révèle que la ville d’Antananarivo a subi moins de dégâts qu’Antalaha ou encore Maroantsetra, on peut se demander à juste titre où étaient ces personnalités quand il fallait soutenir la population de ces deux dernières villes ? Ces apparitions furtives ressemblent en tout point à une démonstration hypocrite, plus qu’à un réel soutien moral.
Il faut dire que ce genre d’attitude dénuée de toute compétence reflète bien leur incapacité à faire face à une situation de crise. A l’heure actuelle, Maroantsetra est complètement privé d’électricité. Et plutôt que trouver une solution durable face à cette situation, les autorités n’ont rien trouvé de mieux que d’attendre que le niveau d’eau baisse pour envisager de résoudre le problème. C’est à croire que le cyclone était l’événement tant attendu par tous les incompétents de mauvaise volonté pour trouver une excuse à leur absence de réaction. L’on peut même penser que la JIRAMA a trouvé le meilleur prétexte pour continuer les coupures d’électricité, sans récolter l’ire de la population.
Après le passage d’Enawo est lourd. De nombreuses villes et villages restent coupés de toute voie de communication et d’énergie électrique. Avec une attitude aussi passive et attentiste, peut-être que l’Etat malgache attend l’arrivée du cyclone Fernando pour réagir. Est-ce ça diriger un pays ?
Johan R.