La Gazette de la grande ile

Appel supplémentaire de l’ONU pour Madagascar : 598 millions de dollars d’aides déjà annoncés !

Publié le 12 juin 2020

L’épidémie du coronavirus n’est pas prêt d’être maîtrisée à Madagascar.. C’est le constat du Système des Nations Unies qui vient de lancer, mardi dernier, un « appel d’urgence pour un montant de 82,26 millions de dollars américains, afin de permettre à ces acteurs (Equipes Humanitaires Santé et Partenaires Santé) de contribuer à ces besoins les plus urgents, à la fois pour sauver des vies et contenir rapidement cette épidémie afin de limiter les conséquences socio-économiques désastreuses de cette épidémie ».

Dans cet appel signé par Dr Charlotte Faty Ndyaie, représentante résidente de l’OMS qui est assure aussi l’intérim du coordonateur résident des Nations Unies à Madagascar, il est expliqué que ces 82,26 millions font partie du plan d’urgences multisectorielles contre le Covid19 dont le budget s’élève à 132 millions de dollars américains qui « inclut pas encore les besoins financiers de tous les accompagnements sociaux, en cours de finalisation à travers un plan d’urgence sociale ».

Prévu pour la période de mai à juillet 2020, ce budget fera sans doute douter les citoyens qui se vont demandent où sont partis les 444 millions de dollars versés par les différents bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. D’ailleurs, la société civile comme les partis politiques et la confédération des églises chrétiennes (FFKM) n’ont eu de cesse pour exiger la transparence. Mais eu égard sans doute à l’opérationnalité de la lutte contre l’épidémie et à l’absence de déblocage de nombreux financements annoncés ainsi que la négociation en cours de certains financements, le ministre de l’Economie et des Finances serait dans l’impossibilité de satisfaire dans les détails les exigences de transparence. Ainsi c’est lundi dernier que le ministère publie sur son site web le rapport provisoire sur les financements relatifs à la lutte contre la pandémie du coronavirus 19. Ce rapport a été certainement présenté avec les bailleurs de fonds en général et aux Nations Unies en particulier pour évaluer le montant de l’appel d’urgence qui est fixé à 82,26 millions de dollars.

Ainsi, le total général des financements extérieurs obtenus à la date du 8 juin 2020 est de 598,47 millions de dollars contre 444,1 millions de dollars au début mais, soit 128,6 millions de dollars de plus. Le Système des Nations Unies ont alloué au total 17,66 millions de dollars tandis que les prêts et les dons des autres bailleurs s’élèvent à 580,81 millions de dollars dont 136,47 de l’AFD (France) et la Banque affectés au BGNRC pour les catastrophes naturelles. Les différents bailleurs sont la Banque mondiale (avec qui on est en train de négocier un financement qui passera devant le CA de la Banque le 28 juillet) , le FMI, la BAD, le BADEA, le Japon, la Russie et l’AFD.

Le retard des décaissements est à la fois dû aux procédures du bailleur et parfois des conditionnalités que le pays n’arrive pas à remplir rapidement. En tout cas, il est dommage que le pays doive passer par des aides d’urgence alors que des millions de dollars n’attendent qu’à être utilisées pour maîtriser le Covid 19 et les impacts sociaux économiques.

D’après la note de la signataire de l’appel d’urgence, Madagascar a déjà subi les impacts économiques de la crise sanitaire avant même l’entrée du virus dans le pays, le 20 mars. Cela est dû au fait que les liaisons aériennes avec la Chine ont été suspendues depuis le 10 février or les relations économiques sont tellement importantes que cela a de suite entraîné des effets négatifs sur la Grande Ile. Les financements encore décaissés qui se chiffrent à un peu plus de 444 millions de dollars seront affectés à la relance économique et aux revendications sociales ?

Toujours est-il que les capitaines d’industrie et les opérateurs économiques ainsi que les syndicats et les millions de ménages qui n’ont jamais eu ni masques, ni aides alimentaires encore moins les 100 000 ariary attendent beaucoup de l’Etat providence. Déjà on reproche à l’Etat de se permettre des cargaisons entières de CVO à des pays immensément riches comme Abu Dhabi alors que les ménages le paient à prix très fort et de rapatrier des femmes qui ont brisé l’interdiction de faire le ménage en système esclavagiste dans les pays arabes. Oui, les exigences seront très difficiles à faire face pour les négociateurs de l’Etat. Le déconfinement total leur permettra de détourner les revendications monétaires en libérant par exemple les transports et les déplacements. Mais le risque sanitaire est immense. Quelle décision prendra-t-on ?

Sa

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