La Gazette de la grande ile

Urgence sanitaire : Les masques tombent !

Publié le 09 octobre 2020

Dès le début de la pandémie, notre journal n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme : ce que l’on porte sur le visage pour essayer de se protéger contre le coronavirus s’appelle partout dans le monde “un masque”. L’interpellation avait et a toujours tout son sens quand les responsables du pays à tous les niveaux ont dénommé cela “cache bouche” durant des mois alors que le virus affectait les muqueuses nasales et pas que buccales. Aujourd’hui, une nouvelle dénomination malgache a été “officialisée ” et les masques sont plus ou moins entrés dans les habitudes.

Très souvent, beaucoup plus “moins” que “plus”… car le masque était passé de “cache bouche” à “protège menton” et même à “cache nez”. Les masques en tissu, qui protègeraient plus l’autre et ne nous protègent pas forcément contre une contamination, se vendent dans la rue et cela depuis longtemps. A la rigueur, cela n’est pas gênant quand on sait que ces masques sont anti-projection plutôt que masque de protection.

Par contre, lorsque l’on voit des boîtes de “masques chirurgicaux” ou censés être des masques chirurgicaux qui se vendent dans les rues en plein embouteillage et pollution, et quand on sait qu’il y a eu une période le personnel de santé s’insurgeaient par rapport au fait qu’ils n’avaient ni équipement de protection individuelle, ni masque en nombre suffisant, on en vient de nouveau à dire et se dire que décidément chez nous, tout est “étrange”. Nous ne nous offusquons plus par rapport à toutes ces inepties qui pourtant impactent grandement nos vies : la vente de médicaments à Ambohipo ou Ambolokandrina ou dans les stationnements de taxi-brousse, transformant n’importe quel quidam en “pharmacien” et aujourd’hui, la vente de ce qui s’apparente à des masques chirurgicaux - mais qui ne le sont pas forcément - dans la rue au nez et à la barbe des personnels de santé. Tout semble être “accepté”, rien ne nous étonne… c’est ainsi que les chauffeurs et receveurs de taxi-be qui sont censés porter une visière - pourquoi au juste ?- ont transformé leurs visières en casquette et les agents qui assurent la fluidité de la circulation voient cela tous les jours sans s’en offusquer, sûrement parce qu’ils ne comprennent pas non plus l’utilité des visières pour les chauffeurs et receveurs.

Au contraire, cela réduit la visibilité pour les chauffeurs. Quant aux masques chirurgicaux qui se vendent dans la rue, si on en est à ce point de vendre des masques chirurgicaux dans la rue, c’est que certainement ils ne protègent pas grand-chose et même s’ils étaient censés protéger efficacement ceux qui les portent, le taux de gaz carbonique, le conditionnement et ces sacs à dos d’une propreté douteuse dans lesquels les vendeurs mettent leur stock de masques démontrent qu’à moins d’un miracle, ces masques ne sont pas du tout fiables. Entre les masques chirurgicaux vendus dans la rue, les masques en tissus, les masques devenus des protèges menton ou le pas de masque du tout… on peut dire que chez nous les masques, les vrais, tombent. Ils sont considérés comme gênants, empêchant de parler, empêchant de dire ce que l’on pense, empêchant même de manger.

Au final, les gens les portent pour éviter les travaux d’intérêts généraux qui d’ailleurs sont rarement appliqués maintenant. Au bout de plusieurs mois de pandémie, beaucoup n’ont toujours pas intégré l’idée des gestes-barrière dont le port de masque et le fait que les masques a priori chirurgicaux se vendent dans la rue, contribue encore plus à faire baisser la garde plus que jamais.

D.R

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