Publié le 01 octobre 2020
C’est à bon droit que les autorités ont la ferme intention de relancer la filière or. Ce métal précieux est essentiel pour la constitution de nos réserves monétaires et la stabilisation de l’Ariary. Pour atteindre leur objectif, les pouvoirs publics entendent traquer toutes les pratiques illicites.
Au niveau des opérateurs, il faut interdire en amont sur le champ les activités de tous ceux qui pratiquent l’orpaillage sans autorisation, sans carte et en dehors des zones réservées.

En aval, il faut redoubler de vigilance pour stopper les exportations sans déclaration dans tous les aéroports internationaux. Cela implique des contrôles inopinés avant embarquement. Il faut également poursuivre en justice les opérateurs qui exportent de l’or au nom d’une société sans jamais effectuer de rapatriement de devises et qui, par la suite, créent une nouvelle société qui agira tout aussi illégalement.
La tolérance zéro doit être de rigueur. Il faut recourir plus souvent et plus fermement aux fouilles, saisies, perquisitions, ventes aux enchères, confiscations, fouilles et amendes, même si la transaction est possible, conformément au Code Minier. Au-delà de toutes ces mesures coercitives, on propose de publier les noms des orfèvres de la mafia de l’or, comme ça été le cas pour les trafiquants de bois de rose.
Concernant l’administration minière, on a eu l’occasion d’évoquer les insuffisances de la Police des Mines et l’inefficacité de l’Agence Nationale de la filière or (ANOR). Pourtant, il serait injuste de s’arrêter là. Le Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM) a sa part de responsabilité puisqu’il assure le recouvrement des frais d’administration minière et la redistribution des quotes-parts aux régions et communes. Des malversations ont été signalées et appellent à un audit indépendant ou à des investigations approfondies par l’Inspection Générale de l’Etat (IGE).
R.Lola et Ranary