Publié le 01 octobre 2020
Le régime actuel place beaucoup d’espoir dans la mise en place de la réserve nationale d’or. Ce n’est pas la première fois que des efforts ont été entrepris pour formaliser et restructurer la filière or. Espérons que cette fois sera la bonne car jusqu’à présent les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. Ils ont même été médiocres.
Depuis 2015, des tentatives d’amélioration de la gouvernance de secteur or sont conduites par l’Agence Nationale de la Filière Or (ANOR) qui est un établissement public placé sous la double tutelle du Ministère des Mines et le Ministère de l’Economie et des Finances. Selon l’ANOR (Agence Nationale de la filière or), la quantité d’or exportée déclarée en 2019 s’élève à 2,432 tonnes (2432 kg). Il s’agit de la quantité officielle mais dans la réalité, c’est la clandestinité qui règne. La faiblesse de la quantité d’or exportée déclarée a plusieurs explications. Tout d’abord, de nombreux opérateurs se soustraient volontairement à leurs obligations (permis, fiscalité, stocks, rapatriement de devises). Ils veulent produire, acheter, vendre et exporter sans la moindre contrainte. Cela aboutit à une prédominance du secteur informel. Ensuite, il faut pointer d’un doigt accusateur les appuis politiques et judiciaires dont bénéficient les trafiquants. Dans tous les cas, il est question de corruption à grande échelle.
Face à la gabegie et au manque à gagner pour l’Etat, on est en droit de se demander si l’ANOR n’est pas un pantin désarticulé et dépourvu de raison d’être. Avec la création de la réserve nationale d’or, l’ANOR sera amenée à disparaître ou alors, au contraire, à évoluer sur de nouvelles bases. Il est temps que Madagascar optimise et rationnalise l’exploitation de ses ressources minières afin que les recettes publiques, par la perception des droits, taxes et redevances, soient augmentées en conséquence. On a toujours dit que Madagascar pourrait se passer d’une partie de l’aide des bailleurs et financer son développement grâce à l’exploitation correcte de ses richesses naturelles, notamment minières. La mise en place de la réserve nationale d’or sera un test grandeur nature.
R.Lola et Ranary