Publié le 28 octobre 2020
Quand on écoute les débats télévisés sur les chaînes étrangères, quand on voit que les gens n’ont pas besoin “d’aboyer” pour développer des arguments percutants et se faire entendre, quand on entend les arguments au ras des pâquerettes de beaucoup des responsables dans notre pays avec comme seul mot d’ordre “c’est comme ça et pas autrement, c’est nous qui sommes aux commandes…” et le pire c’est qu’ils croient qu’ils ont raison, on a envie de dire “Pleure ô mon pays bien-aimé”. Nous avions rappelé récemment les interventions qui ne volent vraiment pas haut, d’un ministre dénommé Tinoka Roberto. Nous avions rappelé qu’il y a quand même dans ce gouvernement des ministres qui ont fait des études supérieures, pas d’une semaine par mois en dehors de Madagascar ou un mois en dehors de Madagascar, mais suffisamment ardues pour que lorsqu’ils prennent la parole, il y ait une hauteur de vue que des Tinoka Roberto, pour ne citer que lui, ne peuvent pas avoir. Nos dirigeants excellent dans les propos creux, ils aiment le spectacle permanent, ils sont même dans des concours de beauté ou des plus belles fringues, au point que certaines en arrivent à s’habiller gamines et fières…
Du coup, tout est léger, factice, imposture et caricatural. On dit souvent qu’un peuple a les dirigeants qu’il mérite et c’est vrai : ces dirigeants sont là des suites d’une élection- avec ou sans fraude, mais élection quand même-, ces dirigeants sont là, car le spectacle durant les campagnes électorales -quelles qu’elles soient-, la distribution de goodies et habits de toutes sortes, rejoint exactement cette idée de spectacle et de fringues. Ces dirigeants sont là, car les électeurs aiment les grandes annonces tonitruantes… Mais on hérite aussi de ces dirigeants, car nos dirigeants sont toujours les mêmes qui changent de veste au gré des événements : Neypatraiky est un exemple flagrant, tout comme il fut un temps, les Maharante et les Riana Andriamandavy VII. On hérite des mêmes têtes, on les retrouve à chaque régime et la seule chose qu’ils ont, c’est de savoir brosser dans le sens des poils les premiers responsables pour avoir un poste ou pire connaître les pires secrets des premiers responsables et faire du chantage pour devenir incontournables. Compter sur eux pour avoir un débat de qualité, pour avoir un raisonnement de haut niveau, c’est comme demander à un enfant d’un an de faire une dissertation philosophique. Ces dirigeants dont on hérite et qu’on ne mérite pas, sont parfois ce que le pays a de pire.
Le secrétaire général du Ministère de l’Energie en est un exemple, quand on apprend des gens de sa promotion et des responsables de l’époque de l’institut de formation professionnelle des avocats, comment et pourquoi il a été renvoyé de l’IFPA. Mais ce même secrétaire général est devenu “incontournable” en étant “le mari de sa femme”, l’actuelle et non l’ancienne épouse, le mari et la femme faisant partie des personnes les plus détestées du moment, non pas parce que les gens les envient tel qu’ils auraient tendance à le croire par autosatisfaction, mais plutôt parce qu’ils sont dans une arrogance déplacée si bien que certains de leurs anciens camarades se disent même que si les deux avaient des enfants ensemble, ces derniers porteraient un lourd fardeau sur leurs frêles épaules tant leurs géniteurs sont honnis, un peu comme ces personnes qui étaient dans le viseur de l’ancienne chroniqueuse du temps où elle était quotidiennement sur les ondes en faisant l’apologie de la haine d’une personne. La Gazette