Diplomatie: De l’argent coûte que coûte !

Sommes-nous tellement pauvres que nos dirigeants se couchent devant les bailleurs de fonds ? Toujours est-il que l’Etat malgache a toujours répondu positivement aux exigences du FMI et de la Banque mondiale, mais aussi celles exprimées par le président turc Recep Erdogan lors sa de récente visite en fin janvier 2017.

Dernière étape de sa tournée africaine, Madagascar a été l’occasion pour le chef d’Etat turc de mettre sur la table ce dont il a besoin : soit on travaille avec lui avec ses conditions assorties d’aides (4 conventions ont été signées lors de sa tournée), soit rien du tout. De la Tanzanie à Mozambique, il a exigé que ces pays coupent ses relations avec l’Imam Fethullah Gülen que Recep Erdofan accuse d’être derrière le coup d’Etat avorté de juillet 2016.

A la suite de la visite du président turc et des promesses d’aides, la polémique s’est installée sur la fermeture des écoles « International Light College » ( ou « Collège La Lumière ») à Talatamaty qui seraient liées è l’Imam Gülen. Devant les rumeurs, le ministre malgache de l’Education nationale, Paul Rabary, intervient en soutenant que l’Etat malgache et lui-même n’ont aucune intention de fermer des écoles. Quelques jours après seulement, le ministère de l’Intérieur procède à l’arrestation pour défaut de visas des 14 ressortissants turcs responsables des 3 écoles qui ont de fait fermé.

Intervenue en plein milieu du calendrier scolaire, cette interruption inquiète, à juste titre, parents et élèves qui espéraient trouver un institut de qualité qui pourrait leur ouvrir la poursuite des études à l’extérieur. L’inquiétude est d’autant plus grande que devant la situation, les autorités malgaches restent muettes (comme d’habitude).

Désormais, les élèves et parents de ces écoles turques peuvent cependant souffler car elles reprendront en septembre. Pas avec les anciens responsables, mais ceux que la fondation turque Maarif enverra au pays. Signifiant éducation, Maarif a été créée au lendemain du coup d’Etat avorté de juillet 2016 pour récupérer tous les établissements à l’étranger apparentés à l’imam Fethullah Gülen.

Ce week-end, nous avons, en effet, appris que les 3 écoles « Collège La Lumière » ont été transférées à la Fondation Maarif.  C’est le vice-président de la fondation lui-même, Hasan Yavuz qui l’a annoncé à l’agence de presse Anadolu Agencu en rapportant, mercredi, qu’« un mémorandum d’entente a été signé par le Ministre de l’éducation de Madagascar Paul Andrianaina Rabary et l’Ambassadeur de Turquie à Madagascar Volkan Turk Vural pour transférer toutes les écoles FETO (ndrl : organisation terroriste) dans cette île du sud à l’organisation non gouvernementale » Maarif. « Les activités éducatives dans les trois écoles seront gérées par la Fondation Maarif à partir de Septembre » a précisé M. Yavuz en ajoutant que « le processus de lutte contre les écoles FETO a commencé avec la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan dans la Grande Ile au début de cette année et une autre école est également prévue pour ouvrir dans la ville de la côte ouest de Mahajanga par la fondation ».

Comblant le mutisme des autorités malgaches, ces déclarations confortent les commentaires selon lesquels nos dirigeants comme l’ensemble de la population, se couchent devant l’argent. Dans cette histoire d’écoles turques, Madagascar n’avait pas a priori à subir les injonctions de la Turquie d’Erdogan. Les mauvaises langues parlent de quelques dizaines de millions de dollars contre la souveraineté nationale et surtout la crédibilité du pays en matière de respect de la loi notamment sur celle sur le respect de la propriété privée.

Quoique disent l’ambassadeur de Turquie à Madagascar et les autorités du pays, ces trois écoles n’appartiennent ni à Madagascar ni à la Turquie. Les deux pays n’ont aucun droit sur ces écoles que les bâtiments qui les abritent soient loués ou achetés par leurs initiateurs initiaux. De quel droit donc, ces établissements initiés par des privés turcs sont transférés à une organisation dite non gouvernementale turque, mais visiblement apparentée au gouvernement turc ?.

Manifestement, le gouvernement malgache ne respecte pas l’un des droits fondamentaux édictés par la constitution qu’est le respect de la propriété privée. Dès lors, comment espérer l’arrivée des investisseurs quand on peut le déposséder par une simple signature ?

Cette histoire turque fait, en réalité, la lumière sur la diplomatie malgache qui ne jurerait que par l’argent. Quand un contrat de la Jirama avec la société chinoise ZTE est jugé non performant, on n’ose rouspéter parce que c’est la Banque mondiale qui est en cause alors que celle-ci fournit des centaines de millions de dollars au pays. N’a-t-on pas fait subir à  la population des délestages à cause des conditionnalités du FMI ? Et que dire des 42 millions de dollars qu’on a fait signer à notre ministre des Finances de la Transition sans qu’un seul dollar de crédit ait transféré dans les caisses de l’Etat ?

En tout cas, les écoles turques s’apparentent à une nationalisation de fait de la part de l’Etat malgache. Une procédure qui pèserait lourde dans l’image du pays où l’argent pèserait lourd dans les décisions.

Sa

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