Air Madagascar: Prudence d’Air Austral
La compagnie aérienne française Air Austral, dont le siège social est à Saint Denis de la Réunion, a été choisie comme partenaire stratégique d’Air Madagascar. Il s’agit d’une décision politique. Par conséquent, tout était joué d’avance. La France a eu le dernier mot, même si Ethiopian Airlines est dix fois plus performante qu’Air Austral. Il faut bien que le néocolonialisme triomphe. Le nouveau partenariat stratégique a été annoncé avec tambours et trompettes mais son effectivité est soumise à des conditions. Comment pourrait-il en être autrement, compte tenu des manipulations financières notoires douteuses au sein de la compagnie aérienne nationale malgache qui a été trop longtemps mal gérée par certains directeurs véreux et rackettée par un pouvoir politique mafieux ? Au nom du principe de prudence, Air Austral doit éplucher tous les comptes, même si sa prise de participations sera probablement soumise à une garantie d’actif et de passif. Pour les initiés, un audit sérieux montrera que la valeur patrimoniale d’Air Madagascar ne vaut pas un kopeck car son passif est abyssal, ses fonds propres ont été réduits à néant et de nombreux actifs ont été détournés et bradés. Un diagnostic approfondi soulignera qu’Air Madagascar est en état de cessation de paiements depuis longtemps et que seuls les fournisseurs au bras long se font payer. Soumise à des vents de travers, Air Madagascar est une société publique véritablement sous perfusion avec une trésorerie négative chronique, à l’image de l’Etat malgache qui n’a pas de plan de vol. Un examen minutieux établira des maquillages peu subtils au niveau des stocks de pièces détachées, des amortissements, des provisions et des charges exceptionnelles. Un contrôle approfondi démontrera une régression sans précédent des acquis sociaux qui constitue une menace grave au fonctionnement futur d’Air Madagascar en raison du manque de motivation du personnel. En effet, les primes des salariés ont été clouées sur le tarmac alors que les rémunérations des dirigeants sociaux ont connu un envol. Une investigation fouillée mettra en évidence des conflits d’intérêts de haut vol, des conventions interdites grossières et des abus de biens sociaux dépassant l’entendement. A titre d’exemple, certains directeurs à la retraite ou en exercice sont des prestataires de service d’Air Madagascar. Le résultat catastrophique de l’audit complet est connu d’avance, c’est pourquoi l’Etat malgache veut s’empresser de combler une partie des dettes. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ? Il s’agit bien évidemment de masquer au plus vite certaines décisions, ou absences de décisions, qui pourraient éclabousser les présidents successifs du Conseil d’Administration d’Air Madagascar (dont un certain Hery Rajaonarimampianina à partir de 2011) et qui pourraient porter atteinte à la réputation de C.G.A (fondé par un certain Hery Rajaonarimampianina en 1995) qui est l’un des cabinets en charge du commissariat aux comptes d’Air Madagascar. Pour conforter leur opinion finale, les auditeurs examineront attentivement les balises de détresse lancées par les syndicalistes et grévistes d’Air Madagascar. Ces derniers sauront décrire les acrobaties aériennes et financières de la direction générale. Pour conclure, il est probable qu’Air Austral revoit les conditions de sa prise de participations dans le capital d’Air Madagascar, à moins qu’elle n’y renonce. Dans le premier cas, Air Madagascar sera cédée pour une bouchée de pain. Dans le second cas, elle ne connaîtra pas de lendemain, à moins qu’elle ne soit contrainte à trouver un autre partenaire stratégique qui lui fera faire un nouveau tour de piste.
Folojaona et PN
Commentaires
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