Opinion: Madagascar n’est pas à vendre
Le 27 mars dernier, à la veille de la commémoration du soulèvement 29 Mars 1947, le Président de la République de Madagascar a signé avec le gouvernement Chinois un protocole d’accord concernant des investissements dans les secteurs d’Infrastructure à Madagascar.
Le Projet de construction d’un port en eau profonde à la Baie de Narindra district Analalava, région Sofia Madagascar fait partie de l’accord. Il est regrettable de constater que la classe dirigeante s’arroge le droit d’engager le pays dans un accord que Madagascar est certainement perdant, le pays va encore récolter des miettes. Certes, le pays a besoin des investissements et des infrastructures pour relancer l’économie mais d’une autre manière, Madagascar n’est pas à vendre.
Il est à rappeler qu’en 1972, le Président Ratsiraka, ministre des Affaires étrangères à l’époque, avait renoncé la coopération avec l’Afrique du Sud, il avait déclaré le 5 octobre 1972 devant la 17è Assemblée générale des Nations unies que “Nous préférons renoncer à un investissement si grandiose et si rentable soit-il, si le prix doit en être l’aliénation de notre souveraineté et de notre dignité nationale”.
Toutefois, cela fait presque un an que nous menons une discussion avec l’autorité Malagasy sur le développement d’un projet de complexe Industriel autour d’un port nouvellement construit “green field” dans la Baie de Narindra. des réunions ont eu lieu avec le Directeur général de l’EDBM, le ministre de l’Industrie et son staff, les conseillers économique du Président et même une réunion avec le Commissaire général de l’OCSIF a été prévu mais rien.
Pour autant, la République de Corée a déjà exprimé leur disponibilité par le biais de son Ambassade à Antananarivo d’accompagner et soutenir Madagascar pour réaliser le projet, il est à souligner que ce projet restera et appartiendra en entier à la partie malagasy. Des formations encadrement des personnels et des travailleurs nationaux ont été prévus durant toutes les phases du projet-construction-exploitation. Le projet a été inspiré de la réussite des pays asiatiques.
Selon la Banque mondiale, au rythme de croissance 5-7% par an, il faudrait près de 25 ans à Madagascar pour atteindre un revenu par habitant de 1 000 dollars (actuellement, on est à 420 dollars contre 9 000 Maurice, 15 000 (Seychelles). Cette situation est une honte pour les intellectuels malagasy.
Pour réussir, il est indispensable de créer une hausse permanente des capacités d’épargne et de la productivité au sein de l’économie locale.
Ainsi, le paradoxe du retard économique de Madagascar est dû à l’incapacité quasi-chronique de l’élite politique et financière à prendre une décision économique répondant à l’intérêt général.
Armons-nous le courage, osons relever le défi pour que nous puissions espérer un avenir meilleur. Selon Albert Einstein “le monde n’est pas détruit par ceux qui font du mal, mais par ceux qui ne font rien”.
Andry RANIVOARISON
Antananarivo