SENTINELLE: Luttons contre la gabegie et le népotisme…
J’ai été sidéré qu’un membre du gouvernement en mission à l’extérieur fut démissionné en son absence. Je ne suis pas contre un limogeage au constat d’un manquement fait dans l’exercice de sa fonction de ministre, ou encore à l’occasion d’un remaniement gouvernemental s’il s’avère nécessaire de le faire. Ce coup de poignard dans le dos qui s’apparente à une trahison est-il la signature de ce gouvernement ?
Je m’insurge contre ce procédé qui n’a rien de respectueux, ce respect qui est la clé de voute de la tradition malgache. Vu les nouvelles technologies qui permettent d’acheminer en un temps record des décisions prises à 10000 kms, la découverte de ces informations qui font l’effet d’une bombe dans la tête de la cible, le chef du gouvernement n’avait-t-il pas mesuré son impact en tant qu’humaniste ? N’était-il pas de bon aloi d’attendre quelques jours c’est-à-dire le retour au pays du concerné pour procéder à son remplacement effectif ? Cette proposition est justifiée pour deux raisons : d’abord si le sujet n’avait pas le cœur bien accroché, il risquait sérieusement de choper un AVC en terres étrangères ; ensuite il fallait lui laisser le temps de remplir sa mission en toute quiétude. En usant d’un peu d’empathie, on peut comprendre que rares sont les gens qui après avoir subi un tel affront puissent encore mener à bien une mission même si elle est importante pour Madagascar. Effectivement, si on a bien voulu envoyer quelqu’un de cette envergure pour faire ce travail à l’étranger, c’est que cela fut considéré nécessaire par ses pairs pour l’intérêt suprême de la nation. A moins qu’il ne soit de coutume dans ce gouvernement de se créer des missions pour se balader dans le monde. Si tel est le cas, nous savons tous que des déplacements pareils nécessitent beaucoup d’apports financiers de l’Etat malgache en termes de transport, hébergement et restauration. Il est temps que la population sache que les dépenses étatiques engagées pour une mission hors de l’île peuvent nourrir 10 petits villages malgaches pendant au moins 1 mois. Pour moi cet acte des très hauts responsables de l’Etat dépourvu de timing rigoureux dans son application n’est en fait qu’une énième illustration de la gabegie régnant au sein de notre institution dirigeante. J’interpelle alors dans cette rubrique les inspecteurs d’Etat (s’ils ont encore le droit de regard sur les finances de la nation) à se pencher un peu plus rigoureusement sur l’utilisation à bon escient des dépenses publiques.
Il est vrai qu’actuellement notre préoccupation première serait que le peuple ressente à leur niveau, une aide dans leur lutte pour s’offrir les denrées familiales journalières. En effet un coup de pouce à l’instar des « Restos du cœur » français, mais qui seront cette fois-ci sous la houlette du gouvernement malgache sont des aides efficientes et réalistes pour l’aboutissement de ce projet. Ces dernières sont sciemment ignorées par le pouvoir actuel, or toute politique visant à réduire la pauvreté doit solutionner urgemment les besoins en alimentation journalière du peuple. La libération effective des liens concernant la survie va ouvrir les portes de la croissance dans tous les domaines. En s’intéressant un peu plus à l’humain, on se donne un potentiel de travail incommensurable tout en ouvrant en même temps des capacités prospectives jusqu’ici étouffées par la survie. Cette approche qui constitue le socle d’une croissance à visage humain est l’alternative la plus probante pour s’extirper de la pauvreté. Pour que le gouvernement puisse entreprendre des actions directes d’un tel acabit au niveau du peuple, il faut qu’on soit vigilant sur toutes les formes de dépenses inutiles au niveau de l’exécutif. Cela est désormais possible grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui peuvent être des aides tangibles en étant des sentinelles dans la lutte contre la gabegie et le népotisme qui font tant de mal au pays actuellement.
Max Randriantefy