EDITORIAL: Remaniement On en rit encore
Abondamment critiqué pour le cafouillage autour de l’affaire Claudine Razaimamonjy, le régime a eu recours à la bonne vieille méthode de la diversion. Dans ce contexte, il a procédé à un remaniement ministériel. C’était prévisible mais là où ça devient risible, c’est que les ministres éclaboussés de près ou de loin par le scandale Claudine Razaimamonjy n’ont pas été inquiétés. Le Ministre de l’Education avait connaissance de la mainmise de Claudine Razaimamonjy sur les marchés publics liés à la construction d’écoles. Le Ministre de la Justice s’est publiquement posé en défenseur de Claudine Razaimamonjy. Le Ministre de la Santé Publique a rendu visite à celle-ci à l’hôpital et supervisé son évacuation sanitaire. Pourquoi ces personnalités n’ont-elles pas été limogées alors que leur responsabilité politique, pénale ou comptable est engagée ? Le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie a été remplacé et c’est une bonne chose mais ce changement est artificiel. Didier Paza a perdu sa place en raison de son incapacité à venir à bout des vindictes populaires mais on croit savoir qu’il a également pris des décisions qui ont contrarié le Chef de l’Etat. Bref, ce remaniement ministériel, un brin provocateur, n’a rien apporté de neuf. On rit encore de ce contre-feu grossier destiné à détourner l’attention. Le problème est que ni la population ni la communauté internationale n’ont le cœur à rire à la vue du naufrage de Madagascar.
Ranary