Tiraillés par la faim et par la crainte d’une traversée du désert, les députés qui souhaitaient ardemment la déchéance du Chef de l’Etat ont préféré, pour la plupart, se convertir en militants dévoués du régime. C’est bien dommage car cela permet à Hery Rajaonarimampianina d’agir en toute impunité. Aujourd’hui, deux nouveaux motifs de déchéance sautent aux yeux.

En premier lieu, le Chef de l’Etat ne fait rien pour obtenir la restitution des Nosy Malagasy (Iles Eparses). Il combat même ses compatriotes lorsqu’ils contestent en toute légitimité l’hégémonie de l’ancienne puissance coloniale sur ces parcelles riches en pétrole. En agissant de la sorte, le Chef de l’Etat s’est rendu coupable de haute trahison et a violé son obligation de garantir l’intégrité du territoire, en vertu de l’article 4 alinéa 3 de la Constitution. En second lieu, le Chef de l’Etat a outrepassé ses prérogatives en nommant récemment le Président du Sénat parmi les sénateurs issus de son quota. Avec une légèreté coupable, il a porté atteinte au principe de séparation des pouvoirs prévu au Préambule et à l’article 163 de la Constitution.

Pour le moment, les parlementaires font mine d’ignorer ces violations de la Loi Fondamentale, qui s’ajoutent aux précédentes. On est certain qu’ils s’en souviendront lorsque leurs privilèges seront remis en cause par le pouvoir exécutif. En attendant, en leur qualité de représentants du peuple, ils sont davantage à blâmer que le Chef de l’Etat.

M. GASPARD