2.579, tel est le nombre officiel des associations actuellement enregistrées auprès des services préfectoraux français, ayant pour vocation d’apporter leurs aides et leurs contributions au développement de Madagascar.
"Majoritairement d’origine malgache, cet important tissu associatif est aussi le fait de sympathisants européens attachés au pays et à l’action humanitaire. Il démontre en tout cas un profond attachement de la communauté́ malagasy expatriée à sa culture, à ses valeurs et à ses racines, tout en étant un reflet de son désir de continuer à intervenir dans la vie et le développement du pays, mais aussi vers elle-même. Nous en avons l’intime conviction".
C'est ainsi que le collectif de la diaspora malgache en France, ZAMA (Zanak´i Madagasikara Ampielezana), introduit sa lettre d'invitation aux états généraux de la diaspora de Madagascar prévus se tenir à Aix-en-Provence en juillet prochain. Et avant même qu'on finisse de lire le document, le chiffre 2579 capte l'attention.
Le nombre est tellement important qu'il doit interpeller les dirigeants, la classe politique sans son ensemble et les citoyens non blasés encore soucieux du devenir de ce pays.
Rien qu'en France donc, il y a 2579 associations qui se mobilisent chacune à leur niveau et selon ses moyens, au développement sinon à la réduction de la pauvreté à Madagascar. Mais les gouvernements successifs ont-ils pensé un seul instant faciliter la tâche des ces amoureux de Madagascar à défaut de pouvoir les organiser? On a honte de le dire mais les généreux donateurs sans qui une multitude d'enfants ne pourraient aller à l'école, des milliers et des milliers de villageois n'auraient pas accès à l'eau potable..., se font même racketter par les agents des aéroports et des politiques.
Même si ces associations sont aussi initiées par des non-Malgaches, leur nombre est certainement à la mesure du nombre de concitoyens résidents en France. Mais que représente cette diaspora pour le pays? On ne sait pas combien de ressortissants malgaches vivent à l'étranger mais ce dont on est sûr, est que le montant des transfert d'argent de la communauté malgache vers le pays d'origine ne représente rien par rapport aux milliards d'euros rapatriés par les Maliens de France ou les Ethiopiens des Etats-Unis.
Tout le monde espère que les assises d'Aix-en-Provence permettra de jeter les bases du système visant à rentabiliser au maximum ce mouvement associatif très dense pour le développement social et surtout touristique, et incitera en même temps les membres de la diaspora à concrétiser leurs besoins naturels d'apporter quelque chose au pays. Tous les espoirs sont permisd'autant plus que les organisateurs de la rencontre font montre d'un sérieux certain en réussissant à recenser le nombre d’associations travaillant sur Madagascar.
Qu'on n'espère cependant pas voir les cadres de haut niveau revenir au pays. Tant que le système ne change pas et que la corruption et l'impunité perdurent, il n'y a rien à faire sinon rêver de s'exiler en Europe comme le font les Arabes ou participer à la loterie américaine pour obtenir la fameuse carte verte permettant de vivre aux Etats-Unis. Réservé jusqu'à présent aux dirigeants chassés du pouvoir, qui aurait pensé que les citoyens rêvent d'exil ?
Salomon Ravelontsalama